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mardi 4 septembre 2018

Les choses sérieuses commencent avec le Renaudot

On voudrait bien que les prix littéraires les plus importants soient, en toute simplicité, ceux qui couronnent les meilleurs livres. On sait que ce n'est pas si simple et que les récompenses historiques ont un poids que leurs cadets ne possèdent pas toujours, quoique les choses changent un peu à la fois.
La première sélection du Prix Renaudot était donc très attendue ce soir, presque autant que celle du Goncourt qui suivra vendredi.
Le premier roman y fait de la résistance avec Anton Beraber et une Adeline Dieudonné de plus en plus courtisée (ça ne me déplaît pas), Gallimard ne perd pas ses bonnes habitudes, Grasset et le Seuil non plus, Albin Michel n'est pas oublié contrairement à Actes Sud, sauf par la bande, si j'ose dire, à travers le nom, en forme de gag, de l'éditeur du roman de Marco Koskas dont je ne sais absolument rien et dont mes libraires habituels ignorent l'existence. Il y a là un petit mystère levé par Amazon chez qui il semble, si j'ai bien compris, avoir été auto-édité. On verra ça plus tard...
S'il y avait une justice, Philippe Lançon n'aurait pas de concurrents à la taille de son Lambeau. Mais y a-t-il une justice? L'avenir nous le dira, d'abord lors des prochaines sélections.

Romans
  • Anton Beraber. la grande idée (Gallimard)
  • Adrien Bosc. Capitaine (Stock)
  • Adeline Dieudonné. La vraie vie (L'Iconoclaste)
  • David Diop. Frère d'âme (Seuil)
  • Gilles Martin-Chauffier. L'ère des suspects (Grasset)
  • Michael Ferrier. François, portrait d'un absent (Gallimard)
  • Mark Greene. Federica Ber (Grasset)
  • Stéphane Hoffmann. Les belles ambitieuses (Albin Michel)
  • Cloé Korman. Midi (Seuil)
  • Marco Koskas. Bande de Français (Galligrassud)
  • Philippe Lançon. Le lambeau (Gallimard)
  • Valérie Manteau. Le sillon (Le Tripode)
  • Frank Maubert. L'eau qui passe (Gallimard)
  • Diane Mazloum. L'âge d'or (Lattès)
  • Pierre Notte. Quitter le rang des assassins (Gallimard)
  • Jennifer Richard. Il est à toi ce beau pays (Albin Michel)
  • Vanessa Schneider. Tu t'appelais Maria Schneider (Grasset)
Essais
  • Pierre Adrian et Philibert Humm. Le tour de France par deux enfants d'aujourd'hui (Equateurs)
  • Robert Colonna d'Istria. Une famille corse (Plon)
  • Pierre Guyotat. Idiotie (Grasset)
  • Olivia de Lamberterie. Avec toutes mes sympathies (Stock)
  • Annie Lebrun. Ce qui n'a pas de prix (Stock)
  • Jean-Paul Mari. En dérivant avec Ulysse (Lattès)
  • Joann Sfar. Modèle vivant (Albin Michel)

lundi 2 juillet 2018

Le feuilleton de la rentrée littéraire 3. Le cachet de la poste faisant foi

La question agite sans discontinuer une partie (étroite) de la blogosphère littéraire: sans un solide réseau de relations bien placées ou sans un nom déjà célèbre, est-il possible de publier un premier roman chez un éditeur en vue?
Non, répondent avec constance un certain nombre de ceux qui, refusés partout, ne se sont jamais posé une autre question pourtant fondamentale: leur manuscrit mérite-il de sortir du cercle encore plus étroit de mes frères et mes sœurs qui ont a-do-ré!
Oui, leur rétorque le Prix Envoyé par la poste qui sera attribué pour la quatrième fois le 31 août. Les trois premiers lauréats, de 2015 à 2017, avaient été Alexandre Seurat, Thierry Froger et Jean-Baptiste Andréa - auteurs de manuscrits, donc, envoyés par la poste, lus et approuvés par des comités de lecture grands ou petits au Rouergue, chez Actes Sud et L'Iconoclaste. Ce dernier éditeur plaçant à nouveau un titre dans la sélection 2018, j'ose à peine imaginer le nombre des déçus qui vont, avant de reprendre leur plaintive litanie, tenter leur chance là-bas.
Il s'agit évidemment de premiers romans, les auteurs déjà publiés ayant pris l'habitude de passer dans le bureau de leur éditeur (ce qui ne veut pas dire qu'ils y sont toujours accueillis). Il aurait été intéressant de savoir quelle proportion des 94 premiers romans annoncés à la rentrée est arrivée de cette manière chez Albin Michel, Gallimard, Liana Levi, Minuit ou L'Iconoclaste - voire ailleurs. Mais, pour l'instant, à ma connaissance, l'histoire ne le dit pas.
On notera (déjà) quelques convergences avec les épisodes précédents du feuilleton: la rentrée littéraire est une histoire qui se construit sur des canevas parfois récurrents. Quatre des cinq ouvrages sélectionnés sont aussi en piste pour le Prix Stanislas, le cinquième est, selon Lire, un "premier roman majeur". Encore primo-romanciers, pas encore en librairie, mais déjà plus tout à fait des inconnus...