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jeudi 10 novembre 2016

Alain Blottière reçoit aussi le Prix Jean-Giono

La semaine se termine comme elle avait commencé, par un prix pour Alain Blottière et Comment Baptiste est mort. Lundi, c'était le Prix Décembre, aujourd'hui, c'est le Jean-Giono. L'exception confirme la règle selon laquelle seuls les livres parus à la rentrée littéraire ont véritablement des chances pour les prix d'automne - celui-ci est paru en avril.
Les deux premières phrases, en forme de dialogue, démentent le titre et, tout de suite, l’expliquent. Quelqu’un demande à Baptiste, qui n’est donc pas mort, comment cette histoire a commencé. Baptiste répond : « Maintenant je m’appelle Yumaï. » Il n’y a plus de Baptiste, rebaptisé par un mystérieux « ils » dont son interlocuteur voudrait le détacher.
Baptiste/Yumaï revient de si loin qu’il n’en reviendra jamais. Tout le livre est un interrogatoire, un « debriefing » comme en subissent les otages libérés après un temps de captivité chez des terroristes. Ceux-ci étaient dans le désert, où Baptiste et sa famille voyageaient avant d’être faits prisonniers. Seul Baptiste s’en est sorti. Et il semble fuir devant les questions. Que cache-t-il, qu’invente-t-il, où est la vérité ?
On y viendra, à cette vérité, et encore sera-t-elle plus sous-entendue qu’exprimée franchement. Car Baptiste a raison quand il dit qu’il est mort. Il n’y a plus que Yumaï. « Je suis un monstre, moi aussi, je ne peux vivre qu’avec eux », lâche-t-il.
Alain Blottière réussit à faire passer ce qui ne peut s’énoncer, contournant les faits, et malgré tout il les décrit par fragments, si bien qu’on s’en fait une idée. Imprécise, mais terrible. Le mécanisme de mise au jour des événements est douloureux pour le jeune garçon, pour son interrogateur et pour le lecteur. Mais il est fascinant.

lundi 7 novembre 2016

Prix Décembre : Alain Blottière

Je pensais franchement que Loïc Prigent, dont je n'avais pas lu le livre, recevrait le Prix Décembre aujourd'hui. Quatre jurés ont quand même voté pour lui au premier tour, et un pour Jacques Henric, mais Alain Blottière l'a emporté dès ce premier vote, avec sept voix, pour Comment Baptiste est mort, paru le 1er avril - ce n'était pas une blague et, d'ailleurs, le sujet en est grave.
Baptiste, seul de sa famille, a survécu à une prise d’otages dans le désert. Pourtant, il est mort puisqu’il est devenu Yumaï et a oublié la plupart des événements. Un long debriefing ramène à la surface des bribes de souvenirs, les plus douloureux étant les mieux enfouis. Le chemin vers la vérité est hérissé de pièges et d’incompréhensions entre les interlocuteurs, jusqu’au surgissement, dans les plis de la mémoire, d’une terrible conclusion.