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jeudi 4 juillet 2019

Rentrée littéraire : de la rumeur au buzz

On n'y échappera pas. Comme chaque fois, la rentrée littéraire propose un grand nombre de romans et seuls quelques-uns d'entre eux seront de la fête.
L'essoreuse fait ses premiers tours bien avant la date des mises en vente. Chaque éditeur assure chacun de ses auteurs qu'il sera choyé dans la course à la célébrité, chaque éditeur s'arrange en douce, mais pas toujours aussi discrètement qu'il le voudrait, pour promouvoir celles et ceux qui prendront toute la lumière.
Contre cette tendance lourde, une seule chose à faire: lire, et lire encore, pour débusquer, dans l'ombre, l'éclat d’œuvres auxquelles on n'avait pas pensé.
Il n'empêche que les faits sont têtus. Marianne Payot le sait bien qui, pour L'Express, a assisté à quelques rencontres organisées par les éditeurs avec des libraires (et des "influenceurs" ou plus souvent "influenceuses", comprenez qu'à chaque nouveau livre montré sur Instagram correspond un vernis à ongles inédit - non, je rigole, bien que...).
Outre la présentation des livres de la rentrée qui peut occuper plusieurs heures de ces réunions, il faut bien aussi s'y rafraîchir et/ou s'y sustenter, ce qui nourrit la conversation. Les bruits de couloirs peuvent alors sortir du cercle où ils avaient été d'abord été perçus, et voilà qui tombe bien car ils sont faits pour ça.
Oyez donc ce que, de ces heures pas perdues pour tout le monde, Marianne Payot nous rapporte dans l'article qu'elle a publié cette semaine:
[...] dès le mois de juin, la rumeur enfle entre professionnels: Karine Tuil, Monica Sabolo et Jonathan Coe chez Gallimard, Chris Kraus chez Belfond, Yann Moix et Laurent Binet chez Grasset, Jean-Paul Dubois à l’Olivier, Luc Lang et Jean-Luc Coatalem chez Stock, Edna O’Brien chez Sabine Wespieser, autant d’écrivains qui font déjà le buzz…
On en prend note, mais je n'en suis qu'au tout début de mes lectures.

jeudi 6 janvier 2011

L'année littéraire (4) - La dynastie chahutée des Jardin

Le plus souvent, les livres d'Alexandre Jardin m'insupportent. J'y trouve un mélange mal maîtrisé de naïveté et de roublardise qui fait de lui, comme écrivain, le fils indigne de Pascal Jardin - encore faudrait-il que je relise celui-ci pour vérifier - qui me semble avoir été doté d'un talent très supérieur.
Pourtant, Des gens très bien, lu il y a quelques jours, et d'où ne sont pas tout à fait absentes la naïveté et la roublardise notées plus haut, m'a touché. Il y est question d'un homme que Pascal Jardin avait rendu célèbre dans Le nain jaune: Jean Jardin, père de Pascal et grand-père d'Alexandre. Il était directeur de cabinet (dircab, comme on ne le disait probablement pas à l'époque, ce qui n'empêche pas Alexandre Jardin d'utiliser le mot plusieurs fois) de Pierre Laval du 20 avril 1942 au 30 octobre 1943, donc notamment au moment de la rafle du Vél' d'Hiv'...
«Ce pourrait être un des livres polémiques de la rentrée», écrit Marianne Payot dans L'Express. Dont la conclusion se rapproche de ce que j'ai moi-même ressenti: «On referme ce livre songeur, dubitatif, tout à la fois agacé et touché, incrédule et compatissant. Alexandre Jardin, lui, dit signer aujourd'hui son acte de renaissance. Au bénéfice du doute, souhaitons-lui une deuxième vie, plus apaisée...»
Dans Le Point, sur cinq pages qui reprennent aussi un entretien avec l'historien Robert O. Paxton et un extrait du livre, Émilie Lanez ne tient pas des propos très différents. Pour elle aussi, «Ce livre fera du tintamarre.» Et elle s'étonne de la transformation survenue entre le jeune homme de Bille en tête et l'adulte de 44 ans qu'il est aujourd'hui: «On l'avait quitté romancier de bluettes, amateur d'improbables épopées conjugales, prophète souriant de la félicité matrimoniale, rejeton très tôt doué - à 23 ans, il est l'auteur le plus vendu dans le monde - d'un père, Pascal Jardin, étourdissant écrivain et dialoguiste. On le retrouve changé.»
En effet. Et promis peut-être à un joli succès en ce début d'année.
Il est présent aussi ce matin à la Une du Figaro, on parlera de lui cet après-midi dans Le Monde et il sera ce soir sur le plateau de La grande librairie (France 5, 20h35) en compagnie de, tiens donc!, Stéphane Hessel, dont Indignez-vous!, à peine un livre par son format, écrase actuellement tous les autres titres dans les listes de meilleures ventes.