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mardi 6 septembre 2011

Furcy, l'esclave dont on n'ignore pas tout

En 1817, quand commence L’affaire de l’esclave Furcy, l’esclavage avait été rétabli à La Réunion sous la pression des planteurs.
Mohammed Aïssaoui souligne à juste titre que nous ne disposons pas des mêmes informations sur les maîtres et les esclaves. Des premiers, nous savons tout. Leurs patronymes se trouvent même encore sur les plaques de certaines rues. Des seconds, presque rien. Des détails physiques, des prix de vente, oui. Mais pas de noms, pas d’histoire individuelle…
Furcy, sur lequel l’auteur a retrouvé le dossier rassemblé par Gilbert Boucher, procureur à Saint-Denis, échappe à l’anonymat collectif grâce à une histoire singulière. Dont il aurait été possible de tirer un gros roman, malgré tout ce qu’on ignore, ou grâce à ce qu’on en ignore. Il n’aurait jamais dû, en droit, être esclave. Mais les ennuis ont commencé quand il s’est levé pour revendiquer sa liberté. Et il n’obtiendra celle-ci qu’en 1843 à Paris.
Mohammed Aïssaoui s’implique dans le récit. Et relate, au fond, le cas exemplaire d’un homme qui a subi son époque.

lundi 8 novembre 2010

Houellebecq, donc, et Virginie Despentes

Il n'y a pas eu de surprise. Et, comme moi qui l'annonçais avec quelques heures d'avance sur le résultat officiel, l'académie Goncourt a brûlé les étapes: 1'29" de délibération, un prix attribué au premier tour (comme l'an dernier, où Bernard Pivot faisait la gueule parce qu'il n'y avait pas eu de débat) dès 12h47 (au lieu de 13 heures, pour faire l'ouverture des journaux télévisés) à Michel Houellebecq.
Le prix Renaudot était moins prévisible. Et les jurés se sont presque écharpés. Il a fallu 11 tours de scrutin pour que Virginie Despentes et son Apocalypse bébé soit couronnée avec quatre voix, de justesse devant Dolce Vita 1959-1979, de Simonetta Greggio, trois voix - dommage, je viens de le lire, et c'est formidable -, et deux voix encore à ce qui semblait presque un gag, le roman autoédité d'Edouard Nabe, L'homme qui arrêta d'écrire.
Il y avait deux autres prix Renaudot.
Pour l'essai, Mohammed Aïssaoui est le lauréat avec L'affaire de l'esclave Furcy.
Et, pour le livre de poche, c'est Fabrice Humbert avec L'origine de la violence.
Tout cela fait un beau palmarès, n'était le cas de Michel Houellebecq dont je vous ai longuement entretenu tout à l'heure. (Et, si vous l'avez manqué, c'est ci-dessous.)