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lundi 1 janvier 2018

Les vœux de la Bibliothèque malgache et de Tristan Bernard

Aujourd'hui, Tristan Bernard (1866-1947) entre dans le domaine public et, avec quatre titres, dans la catalogue numérique de la Bibliothèque malgache (collection « Bibliothèque littéraire »).
Plus connu peut-être pour ses traits d’esprit que pour ses œuvres, il a lui-même contribué à faire oublier que celles-ci sont pleines de ceux-là.
Voici l’occasion de le vérifier, et de s’en réjouir.


Une collection de vingt-sept histoires fantaisistes et plaisantes. Des explorateurs européens en quête de cannibales africains n’en trouvent pas mais sont amenés à déguster leurs porteurs. L’Académie donne des prix à des ouvrages publiés d’abord sous d’autres titres, sans se soucier de cohérence. Le roi Dagobert entend le peuple murmurer et retourne, outre sa culotte, sa veste, son bonnet royal et ses pantoufles. Pierre Arabin meurt et renaît, pour la grande joie de ses amis tandis que les dames trouvent ses souvenirs un peu tristes. Etc.
Supplément
En guise de préface, les extraits du Journal de Jules Renard où celui-ci fournit quelques fragments pour faire, sans le vouloir, le portrait d’un homme qu’il fréquentait beaucoup : « une petite tête d’enfant chaude comme une pomme de terre en robe de chambre. »

Le premier roman en solitaire d’un écrivain qui ne s’y était risqué, auparavant, qu’en compagnie, préférant écrire des pièces de théâtre pour mettre en valeur ses qualités de dialoguiste. Daniel Henry y cherche son personnage, comme un comédien qui ne saurait quel habit endosser. Ses vêtements causent d’ailleurs quelques soucis à un jeune homme toujours en train de se demander comment le voient les autres. Et les réponses qu’il apporte lui-même ne le satisfont guère, jusqu’au moment où Berthe Voraud semble s’intéresser à lui. Mais le chemin vers leur union est tortueux.
Supplément
Une étude de caractère, sans faire l’économie de l’aspect physique (« Il est gras ; il n’est pas rose. »). Parue dans La Presse en 1900, elle est signée Francis de Croisset : « Il a l’observation minutieuse et analytique. Il scrute le cœur humain à coups d’épingles. Il le fouille de ses ongles courts, avec le plaisir aigu et chatouilleur qu’on ressent à gratter un bouton. »

L’automobile n’a pas changé seulement le voyage, elle a aussi modifié le voyageur et les lieux mêmes dans lesquels il se déplace. Les anecdotes vécues ou imaginées rassemblent, sous forme humoristique, les avantages et les inconvénients de la nouveauté. Avec une belle collection d’attitudes diverses devant la machine devenue le point de repère absolu en fonction duquel s’organise désormais la vie sociale. Plus de cinquante variations sur le même thème, avec l’apparition, de temps à autre, d’une bicyclette ou d’un cheval.
Suppléments
Gloire à l’auto, un texte de Tristan Bernard écrit pour Le Matin au moment où son livre était publié. Et une courte revue de presse.

Dans Les veillées du chauffeur, on croisait Sherlock Holmes. En suivant l’idée, Tristan Bernard place une enquête entre les mains d’une femme qui seconde avec zèle son mari, un vrai policier celui-là. Pour une intrigue assez tirée par les cheveux grâce à une jeune femme recueillie une nuit, en bas de chez lui, par Firmin Remongel, instantanément tombé amoureux de cette brève apparition. Les apaches font du bruit dans les rues de Belleville, le quartier n’est pas très sûr mais il s’y passe des choses encore plus étranges que ne le laissent penser les premiers indices. Pour compléter l’information, il faudra d’ailleurs aller jusqu’au Havre et à Bruxelles.
Supplément
Dans la revue de presse, André du Fresnois, peu amateur de romans policiers, s’étonne sur un air guilleret. Et Paul Souday se fait moralisateur.

Ces quatre ouvrages sont mis en vente au prix de 1,99 € pour Contes de Pantruche et d’ailleurs, et 2,99 € pour chacun des autres volumes. (Ou, à Madagascar, 6.000 et 9.000 ariary.)

lundi 4 décembre 2017

Emploi du temps

Que se passe-t-il, dans une ville du sud de Madagascar, au cours d'un dimanche comme les autres?
  • 5 heures. Lever, débarbouillage, café, quelques mofo kida en guise de petit-déjeuner, lecture du JDD, du Parisien, de L'Equipe. Notes de blog.
  • 7 heures. Complément d'enquête sur l'année 1917 à Madagascar, fouilles dans les journaux français. Abondance d'articles sur la mort de Ranavalona III à Alger, le 24 mai. Avec des souvenirs de la reine vivante à cette occasion, qui me rappellent d'autres articles antérieurs. Il y aurait peut-être quelque chose à bâtir autour d'elle? Entre deux chargements de pages, je fouine aussi du côté des auteurs dont l'oeuvre entre dans le domaine public en 1918. Je retiens trois noms: Tristan Bernard, Léon Frapié, Charles-Ferdinand Ramuz. Là aussi, quelque chose à faire. Tristan Bernard? Je charge des livres...
  • 9h30. Quelques achats - journaux malgaches, sandwich pour le midi - avant de me poser dans un bar, devant une bière, en compagnie de Patrick Grainville et de son prochain roman, Falaise des fous. Une histoire de la peinture à Etretat, entre autres choses, et la vie du narrateur avance...
  • 11h30. Retour à la maison, chargements complémentaires en vue d'éditions en 2018, c'est dans moins d'un mois, ne traînons pas. Sandwich, eau gazeuse.
  • 13 heures. Sieste. Le monde peut s'écrouler.
  • 14 heures. C'est décidé: j'attaque Tristan Bernard. Un premier livre, d'ailleurs son premier, passe à la moulinette de la reconnaissance de caractères, pendant que je réfléchis à des choix complémentaires (pas de théâtre, mais un roman policier, des contes?) application de quelques macros, lecture approfondie pour corriger le texte issu d'une copie assez moyenne. J'en suis à la moitié environ.
  • 17 heures. Une heure de pause. Une bière au bar du coin.
  • 18 heures. 31 décembre 1893, Léon Suberbie réfléchit à la manière de sécuriser son exploitation aurifère. L'année a été rude, entre les inondations et les attaques de bandes armées qui ont tué des dizaines d'ouvriers ainsi que, scandale, quelques Blancs.
  • 19h30. Patrick Grainville.
  • 11h15. Arrivée de l'eau dans les tuyaux. Corvée de remplissage seau par seau, 160 litres environ à transporter sur un rythme accordé avec le faible débit.
  • 0h15. Le stock liquide est reconstitué. Retour à Patrick Grainville, en pleine Grande Guerre.
  • 1h30. J'éteins la tablette, je sombre doucement. Demain est un autre jour...