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mardi 25 octobre 2011

L'actualité littéraire (38) - La dernière sélection du Goncourt

Je ne voudrais pas me réjouir du malheur de certains, mais quand même: l'insignifiant roman de David Foenkinos, Les souvenirs, sorti de la dernière sélection Goncourt après avoir fait figure de favori pendant des mois, c'est une bonne nouvelle. Comme la disparition de Morgan Sportès (Tout, tout de suite). Son livre est écrit sans aucune grâce - mais il peut encore surgir dans d'autres prix de la saison.
Je comprends moins bien la mise à l'écart de Véronique Ovaldé, dont je suis occupé à lire Des vies d'oiseaux (je suis impressionné), et de Delphine de Vigan, qui avait franchi un cap dans l'écriture avec Rien ne s'oppose à la nuit.
Et ceux qui restent, me direz-vous?
Ah! ceux qui restent!
Chacun d'entre eux ferait un excellent Goncourt.
Sorj Chalandon, parce que Retour à Killibegs est un livre parfaitement tordu, pervers, où le mensonge et la dissimulation s'ajoutent au réel pour en faire une formidable fiction irlandaire.
Alexis Jenni, parce que L'art français de la guerre est un des meilleurs premiers romans de la rentrée, ambitieux et réussi, touffu dans le détail et limpide dans les vues d'ensemble.
Carole Martinez, parce que Du domaine des Murmures, dans un registre silencieux et inhabituel, porte la ferveur à une altitude exceptionnelle.
Lyonel Trouillot, parce que La belle amour humaine fait dialoguer les cultures au plus près de leurs contradictions. Un seul regret: ce n'est pas son meilleur livre.
Bref, on pourra choisir n'importe qui chez Drouant pour succéder à Houellebecq, je serai plus satisfait que l'année dernière.

mercredi 13 janvier 2010

Haïti : la fête des Etonnants Voyageurs est finie avant de commencer

Du 14 au 17 janvier, c'est-à-dire à partir de demain, devait se tenir la deuxième édition haïtienne du festival littéraire Étonnants Voyageurs. Le tremblement de terre d'hier, d'une extrême violence, et dont on craint que le bilan humain soit très lourd, rend évidemment dérisoires, presque obscènes, les éventuelles inquiétudes à propos des manifestations annoncées. Moins dérisoires, moins obscènes, celles suscitées par l'absence de nouvelles directes des écrivains qui étaient sur place. S'ils sont logés à la même enseigne que le reste de la population, et ne "méritent" peut-être pas une attention plus grande - là, c'est la raison qui parle -, je ne peux m'empêcher de penser à ceux dont j'ai aimé les derniers livres - là, c'est le cœur qui parle.

Je pense à Dany Laferrière, qui a reçu le prix Médicis pour L'énigme du retour - et nous avions eu l'occasion d'en parler, lui et moi, au cours d'une conversation téléphonique.


Je pense à lionel Trouillot, aussi, que je ne connais pas mais dont j'ai aimé Yanvalou pour Charlie, prix Wepler/La Poste.


Lisez-les. Ils vous parlent de leur pays vivant.