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mercredi 5 décembre 2012

Patrick Declerck, prix Rossel 2012

Ils étaient cinq sélectionnés avant la délibération finale du prix Rossel. Le jury s'est réuni il y a quelques heures, avec pour mission de choisir un seul livre (c'est-à-dire de renoncer aux quatre autres).
Le lauréat est annoncé en ce moment même au Palais des Académies à Bruxelles (à moins que le principe d'un embargo jusqu'à 19 heures n'ait pas été respecté, hypothèse qui me conduirait à publier cette note avant l'heure).
On applaudit donc bien fort Patrick Declerck, lauréat 2012 pour Démons me turlupinant.
Patrick Declerck, né à Bruxelles en 1953, est anthropologue, psychanalyste et philosophe. Mais c’est en ethnologue qu’il a connu le succès dès son premier livre, Les naufragés : Avec les clochards de Paris (Plon, 2001), paru dans la prestigieuse collection « Terre humaine ». Ses ouvrages suivants, marqués notamment par la fréquentation de Nietzsche, puisent à diverses sources dont l’observation de son propre corps attaqué par la maladie.
Autoportrait d’un psychanalyste en homme qui a été petit garçon et adolescent avant de devenir adulte. C’est un peu le principe de Démons me turlupinant, où Patrick Declerck s’examine de près et sans complaisance excessive, à la lumière de son expérience des autres. Des cas qu’il a traités fournissent des points de comparaison autant qu’ils lui permettent de justifier l’analyse dans ses différents aspects.
La culotte de Mémé ouvre sur le fascinant mystère de la femme découvert d’abord en deux dimensions dans des revues sur papier glacé. La sexualité s’éveille en exacerbant une imagination que l’on dit débordante, terrain plus fécond que l’attention scolaire. Un homme se forme, en partie contre son père auquel il reprochera de mourir au moment où il aurait pu voir (manière de parler, puisqu’il est devenu aveugle) paraître le premier grand article de son fils. Patrick Declerck ne cherche pas à éveiller la sympathie. Peut-être même joue-t-il de la provocation. On comprend mieux, en tout cas, comment il est devenu celui qu’il est aujourd’hui et pourquoi il a écrit ses livres.

vendredi 9 novembre 2012

Cinq écrivains belges pour le prix Rossel 2012


Ce n'est pas parce qu'on est loin qu'on ne s'intéresse pas à l'actualité littéraire de Belgique. Le 5 décembre sera remis le prix Rossel, parfois surnommé le Goncourt belge. Organisé par Le Soir, le journal auquel je collabore depuis bientôt trente ans, il est considéré, à juste titre, comme un des moments importants de l'année culturelle. Le jury, constitué de six écrivains qui en ont été lauréats, de deux libraires et d'un journaliste, s'est réuni mardi soir pour choisir, parmi les 70 ouvrages environ qui leur avaient été proposés, les cinq finalistes qui feront l'objet de la dernière délibération.
Aujourd'hui matin, donc, l'information est officielle puisqu'elle est donnée dans les pages "livres" du Soir, complétée par d'autres articles sur le prix, les jurés et le livre en Belgique. Dans mon coin, j'avais passé la journée de mercredi à récupérer auprès des éditeurs les trois textes que je n'avais pas sous la main et à lire les quatre que je ne connaissais pas encore (oui, je n'avais lu jusque-là qu'un des cinq ouvrages sélectionnés, et une douzaine parmi l'ensemble de ceux qui étaient en compétition). Hier matin, il s'agissait d'écrire les présentations de chaque écrivain et de son livre pour réaliser la page dont je vous propose une miniature ci-dessus. Mission accomplie, donc (bien ou mal, les lecteurs jugeront).
Curieusement, la majorité de ces livres sont des récits plutôt que des fictions: trois contre deux. Ce qui n'enlève rien aux qualités littéraires dont tous sont pourvus, dans des registres différents. La construction diabolique de Paul Colize (Back up), l'auto-analyse sauvage de Patrick Declerck (Démons me turlupinant), la mémoire familiale de Yun Sun Limet (Joseph), l'âpre poésie de Jacques Richard (Petit traître) et l'exploration historico-politique de Giuseppe Santoliquido (L'audition du docteur Gasparri).
M'en tenant à un prudent devoir de réserve - bien que ne participant pas au vote, je suis quand même très proche du milieu où les choses vont se décider -, je ne vais pas donner mon avis et dire vers qui se porterait mon choix entre ces cinq-là.
En revanche, vos avis sont attendus, sous forme de critiques de 2.000 signes maximum que vous pouvez envoyer à livresdusoir@lesoir.be. Les meilleures seront publiées sur le site et dans le journal. Je les lirai avec attention, puisque j'ai lu tous les livres - tous ceux-là, au moins. (Et la chair n'est pas triste pour autant.)