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mercredi 16 novembre 2011

L'actualité littéraire (48) - Le poche, fragile avenir du livre papier?


J'ai souvent parlé ici de l'importance que revêt, à mes yeux avides de lectures, l'existence des collections de poche. Je pense aussi avoir prouvé, dans les faits, que ce ne sont pas des paroles en l'air. En lançant un mensuel, C'est dans la poche, à l'existence malheureusement éphémère en raison de son manque d'audience. Ou en consacrant souvent des notes de blog à des rééditions.
Je n'aurais eu, par exemple (je cite celui-là parce que le livre se trouve encore sur mon bureau), presque aucune chance de tomber un jour sur La ligne de force, de Pierre Herbart, s'il ne venait de reparaître dans une de ces collections. J'ai dû lire, ici ou là, quelques-uns de ses livres, mais ils ne m'avaient jamais arrêté comme celui-ci vient de le faire. Ses séjours en Indochine, en URSS et en Espagne sont une superbe occasion de découvrir un homme libre et un écrivain de grand talent, détaché en apparence de tout ce qu'il raconte et, en réalité, fermement ancré dans ses convictions.
Donc, les poches pour la joie de découvrir ou de redécouvrir, voilà une sorte d'évidence à laquelle je ne me lasse pas de revenir.
Et voici que Livres Hebdo, dans un baromètre trimestriel dont la dernière version paraîtra ce vendredi, ajoute, à ma conviction (nourrie de plaisir), des faits et des chiffres (nourris de l'état du marché du livre en France). Alors que ce marché est, par rapport au troisième trimestre 2010, globalement en baisse de 1%, le livre de poche est en croissance, certes légère, de 1%. Il inverse la tendance générale - comme, dans une moindre mesure, les secteurs jeunesse, scolaire et parascolaire.
Bien entendu, il ne suffit pas d'enregistrer ces chiffres pour en conclure que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, et que le livre au format de poche a ses plus belles années devant lui. La concurrence annoncée, déjà présente en partie, du livre électronique, que l'on peut (si l'on veut) vendre moins cher qu'un livre papier, présage plutôt un reflux. Au moment où les libraires tremblent, où la TVA sur le livre devrait augmenter, c'est tout un monde - auteurs, éditeurs, libraires et lecteurs - qui doit se réorganiser en fonction de cette mutation. Il y faudra de l'intelligence, pour prendre la mesure du changement, et la volonté de l'accompagner - d'autres l'ont dit mieux que moi, parmi lesquels François Bon.
En attendant, je continuerai à dévorer des livres au format de poche et à vous le faire savoir.

jeudi 2 juin 2011

Le grand feuilleton de Katherine Pancol

Plus de deux mille pages, trois volumes parus en quatre ans. Katherine Pancol ne s’est pas retenue. Les lecteurs ont apprécié : les ventes des deux premiers titres étaient estimées l'année dernière, d’après Livres Hebdo, à deux millions d’exemplaires pour la seule langue française. Le troisième (et dernier?), a consolidé le succès, que l'édition de poche est chargée de prolonger. Les mêmes ingrédients y sont servis avec l’habileté d’une feuilletoniste qui a retrouvé son allant après avoir un peu patiné dans l’épisode central.
A l’intention de ceux qui auraient dédaigné ces pavés, précisons qu’ils ne racontent pas, malgré leurs titres, une saga animalière. Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et maintenant Les écureuils de Central Park sont tristes le dimanche croisent, sous des couvertures colorées, les existences d’une foule de personnages.
Autour de Joséphine, l’historienne du Moyen Age devenue romancière à succès, il en manque maintenant deux: son mari et sa sœur. Antoine était déjà très absent avant de disparaître, sa mort ne se fait donc pas trop sentir. Iris, en revanche, prenait beaucoup de place, et depuis l’enfance. Elle était la préférée de leur mère. Son mari Philippe était riche et beau. Elle avait été sollicitée par un éditeur pour un livre que Joséphine, finalement, avait écrit. Même morte, elle pèse encore sur sa sœur. Qui aimerait pourtant trouver un sujet pour un deuxième roman – quelque chose se dessine enfin dans Les écureuils, elle aura mis longtemps avant de croire en elle-même.
Les filles de Joséphine grandissent, Hortense de plus en plus flamboyante et Zoé pleine de questions. L’amour les préoccupe, mais la première l’évacue au profit de sa carrière dans la mode tandis que la seconde en fait le centre de sa vie.
Les élans du cœur rythment un récit qui avance sans se presser. Car même le coup de foudre est contrarié par des circonstances qui l’empêchent de s’épanouir. Et il faut du temps pour lever les barrières jusqu’à se retrouver, un lundi dans Central Park, en compagnie des écureuils – pour une des histoires d’amour.
Katherine Pancol a-t-elle vraiment l’intention d’abandonner ses personnages au terme de ce troisième volume? Elle le dit parfois. Mais il n’y a pas de véritable fin et rien ne l’empêcherait de reprendre avec eux le chemin escarpé des relations entre les êtres. On aimerait bien savoir quel genre d’ouvrage Joséphine va tirer de l’histoire d’un jeune homme amoureux de Cary Grant. Comment elle s’installera dans une nouvelle vie de couple avec Philippe. Quelle sera la prochaine folie d’Hortense. Si les autres branches de cette généalogie romanesque vont fleurir ou se flétrir…
Cette curiosité dit, au fond, la réussite d’une entreprise qui n’est pourtant pas sans défauts. Malgré des longueurs parfois irritantes, Katherine Pancol rend son petit monde attachant. Les caractéristiques des uns et des autres sont devenues familières, on ferait volontiers un nouveau tour de manège avec eux tous les deux ans. Surtout si, entretemps, la romancière décidait de réduire la part d’introspection et d’accélérer le mouvement.

mercredi 1 juin 2011

Paul Auster : contre le souvenir, la fiction

Au rez-de-chaussée d’une maison où dorment, à l’étage, sa fille et sa petite-fille, August Brill est tenté de ressasser son passé, «d’échec en échec, bien plus d’échecs que de réussites». Pour éviter d’y penser, il invente un personnage qu’il met dans un trou, sans savoir ce qu’il va en faire. August a été critique littéraire mais n’a écrit que des articles. Il fait ici, pour la première fois peut-être, œuvre de fiction: Owen Brick, tombé de nulle part, se souvient d’une vie antérieure et ne comprend pas comment il se retrouve en uniforme, embarqué dans une guerre civile à laquelle il ne comprend rien. L’Amérique qu’il connaît n’est pas celle qu’il découvre. Les attentats du 11 septembre n’ont pas eu lieu, les États ne sont plus unis et se sont levés les uns contre les autres.
Ce pourrait être une fable sur une autre version possible de l’histoire récente. Ce l’est, d’ailleurs, inspirée par la pluralité des mondes de Giordano Bruno. Dans des univers parallèles, plusieurs suites d’événements pourraient se produire en un même lieu…
Seul dans le noir est aussi une construction perverse dans laquelle un serpent se mord la queue, mais sa tête est du côté du réel tandis que la queue plonge dans un rêve éveillé. Il n’y a qu’un seul responsable à la guerre que vit Owen Brick: August Brill, sans qui cet échafaudage n’aurait pu exister. Pour y mettre fin, Owen reçoit la mission d’exécuter celui qui l’a créé. Il ne retrouvera son univers familier qu’à cette condition – qu’il refuse.
Le roman se referme sur lui-même, aussi serré qu’un nœud gordien qu’il faudra bien trancher d’une manière ou d’une autre. Le recours au fantastique n’est en tout cas pas ici une facilité: Paul Auster pose les éléments de son énigme impossible avec une précision presque effrayante.
Et puis, comme August Brill ne parvient pas à échapper complètement à son passé, celui-ci l’occupe aussi pendant les nuits sans sommeil au cours desquelles la moindre lampe de chevet le blesse comme un phare puissant braqué sur lui. Il faudrait d’ailleurs s’interroger sur son hypersensibilité à la lumière, peut-être un autre signe de sa réticence à regarder les choses en face. Il faudra qu’une autre nuit, sa petite-fille qui ne dort pas non plus ait une conversation amicale avec lui pour reconstituer un parcours amoureux où la trahison a tenu sa place.
La conversation occupe une quarantaine de pages, presque à la fin du livre. Il s’y dit de belles choses par-dessus le fossé des générations que les deux insomniaques tentent de combler en dévoilant chacun ses blessures, sans exhibitionnisme, dans une chaleureuse complicité. Mais, par rapport aux trois quarts de l’ouvrage, cette partie ressemble à une pièce rapportée. L’ambition littéraire est moindre. Et, si on ne se laisse pas séduire par le ton du dialogue, un brin de déception perce. Elle ne fera cependant pas oublier la spectaculaire audace du reste.

dimanche 29 mai 2011

Jean-Luc Coatalem : la tentation de l'exotisme

Un jour, Louis Noël, dit Bouk, orphelin parrainé par le grand-père de Lucas, est parti. Né près d’Angkor, arrivé dans la famille bien que s’en tenant toujours à l’écart, à l’abri derrière les pages économiques du Figaro, il était la touche exotique qui ancrait l’histoire commune dans un ailleurs mythique. Des intérêts commerciaux avaient forgé les premiers liens, puis ceux-ci avaient débordé du cadre matériel.
Beaucoup plus tard, devenu journaliste – comme Jean-Luc Coatalem –, Lucas, le narrateur, part à la recherche de ce presque frère égaré dont la légende prétend qu’il est retourné sur le lieu de ses origines. Au Cambodge, le journaliste ne trouve que les ruines des temples, ce qu’il reste d’une ville dont des archéologues tentent de reconstituer le passé et des interrogations sur sa propre vie. En particulier sur l’étrange attirance suscitée par l’Asie. Ce qu’il appelle un tropisme asiatique. Traduit, dans son cas, par l’amour d’une jeune femme qui comprendra n’avoir pas été choisie pour elle-même mais comme représentation de quelque chose qui la dépasse. La quête de Bouk, dont le véritable nom, Attitya, prend progressivement le dessus, semble vouée à un échec qui précipite aussi la fin d’une liaison.
Mais, comme dans un récit initiatique, même si l’initiation est tardive, le temps passé à définir ce qu’on cherche est au moins aussi important que de le trouver. La tentative de relier le passé et le présent telle que la conduit Lucas est sa manière de remettre en place les éléments d’une vie dans laquelle les silences ont laissé des zones inexplorées.
Le dernier roi d’Angkor dessine la place d’un manque affectif creusé aussi par l’absence du père. Et dont le comblement est une vue de l’esprit conçue par un Blanc parfois renvoyé avec rudesse à des désirs trop occidentaux et non partagés. En parallèle, moins pour expliquer que pour éclairer, le romancier pose l’histoire d’Hergé et de Tchang, personnage du Lotus bleu inspiré par une amitié authentique.

jeudi 26 mai 2011

C'est dans la poche : la clé sous le paillasson, mais vous savez où est le paillasson


C'est dans la poche (le magazine) s'arrête.
C'est dans la poche (l'idée) se poursuit...
Il me semble avoir réalisé, sept fois, un joli mensuel (avec ses défauts) qui aurait pu intéresser pas mal de lecteurs. Probablement n'ai-je pas été capable de le faire savoir comme j'aurais dû. Les chargements n'ont en tout cas jamais atteint la fréquence que j'espérais, stagnant au fil du temps plutôt que croissant.
Comme dirait l'autre (mais quel autre?), j'en tire les conclusions et j'abandonne cette formule. Dommage pour ceux qui l'aimaient, mais vous étiez moins nombreux que ceux qui ne subissaient pas une attraction suffisante pour le lire - ou qui en ignoraient l'existence.
Puisque rien n'est grave, et surtout pas la disparition d'un mensuel gratuit quand son existence peut se prolonger de manière souterraine, la plupart des articles que vous auriez pu trouver dans les prochains numéros (ceux qui, je le rappelle à l'attention des distraits, n'existeront pas) seront publiés ici même, dans un blog dont la particularité (une des particularités) est d'avoir intégré celui que je tenais autrefois pour Livres Hebdo sous le titre: Les poches sous les yeux.
A suivre, donc...

jeudi 14 avril 2011

L'année littéraire (18) - Après le Web 2.0, le poche .2

Je ne les ai pas encore tenus entre les mains, je n'ai donc pas pu tester le confort (ou l'inconfort) de la lecture. Mais les "Point deux" (ou .2), annoncés à grand renfort de publicité, prétendent révolutionner l'univers du poche, et je me sens évidemment concerné.
En attendant de vous dire ce que j'en pense vraiment (dans le prochain numéro de C'est dans la poche), je suis très amusé par la vidéo réalisée à l'occasion du lancement, aujourd'hui, des premiers titres. J'espère que vous le serez aussi.

mercredi 6 avril 2011

C'est dans la poche, n° 7

Au sommaire de ce numéro :
* Dossier: classiques revisités: Baudelaire, Gautier, Zola écrivaient aussi dans les journaux - Écrivains d’aujourd’hui, classiques de toujours : Éric Chevillard, Christian Garcin, Jean-Philippe Toussaint, Arnaud Cathrine et Antoine Volodine à propos de Flaubert, Balzac, Dostoïevski, Rilke et Shakespeare
* Fiction française: Laurent Mauvignier, Des hommes - Jacques Chessex, Le dernier crâne de M. de Sade - Olivier Rolin, Bakou, derniers jours - Anne Wiazemsky, Mon enfant de Berlin - Hervé Hamon, Paquebot - Françoise Sagan, Un peu de soleil dans l’eau froide - Alain Blottière, Le tombeau de Tommy - David Boratav, Murmures à Beyoglu - Maxence Fermine, Les carnets de guerre de Victorien Mars
* Fiction étrangère: Luis Sepúlveda, L’ombre de ce que nous avons été - Hugo Hamilton, Comme personne - William Boyd, Orages ordinaires - Haruki Murakami, Autoportrait de l’auteur en coureur de fond - Hernán Casciari, Un peu de respect, j’suis ta mère! - Rachel Cusk, Les variations Bradshaw - Jens Christian Grøndahl, Les mains rouges.

Liens de lecture et de chargement:
Pour les liens des numéros précédents: C'est dans la poche.

mercredi 30 mars 2011

Laurent Mauvignier : des hommes et de leurs blessures

Laurent Mauvignier fait appel à Jean Genet, en épigraphe, pour poser la question à laquelle Des hommes tentera de répondre: «Et ta blessure, où est-elle?» Car il faut bien qu’il y ait une blessure quelque part pour qu’un simple cadeau d’anniversaire ait pareilles conséquences. Pour que, tout de suite, on devine que quelque chose d’anormal se produit lorsque Feu-de-Bois, un surnom qui s’est substitué au prénom de Bernard, entre dans la salle où sa sœur Solange fête ses soixante ans et son départ à la retraite.
Dans les douze premières pages, de l’arrivée de Bernard jusqu’au moment où Solange ouvre la petite boîte où se trouve le cadeau, Laurent Mauvignier travaille caméra à l’épaule. Avec les ressources de l’écriture en plus. L’image ne suffirait pas pour dire: «Aujourd’hui, on dira qu’il ne sentait pas trop mauvais.» Il a soixante-trois ans, «il n’a pas toujours été ce type qui vit aux crochets des autres», c’est donc qu’il a un passé et que son passé ne ressemble pas à son présent. Il n’empêche: il fait tache. Sinon, pourquoi le remarquerait-on à ce point? Et pourquoi un tel malaise quand Solange découvre la «grande broche en or nacré» que lui offre son frère?
Le lecteur ressent le malaise. Bernard, encore bien plus. Surtout quand Solange, qui a épinglé la broche à la place de celle qu’elle portait, l’a enlevée: «et j’ai vu comment Solange a hésité en relevant les mains vers la broche, puis en se décidant franchement à la retirer, prétextant quoi, je ne sais pas, rien, peut-être rien, elle ne va pas avec ce pull, elle est trop belle, oui, trop belle pour ce pull, tu es fou, Bernard, de l’or, et puis quoi, avec quel argent.»
Puis les conséquences du malaise, le brusque emportement contre Chefraoui, l’Arabe du village – le bougnoule, dit Bernard, qui n’en a pas fini avec sa colère, qui va se rendre chez Chefraoui, effrayer sa femme et ses enfants, provoquer un peu d’agitation chez le maire et les gendarmes, peu habitués à pareil comportement, pourtant prévisible, disent certains, de la part d’un homme si sauvage…
«Et ta blessure, où est-elle?» Bien plus loin. Elle a été ouverte quarante ans plus tôt, ne s’est jamais refermée. En 1960, la France faisait une guerre qui ne disait pas son nom. Des jeunes appelés traversaient la Méditerranée, posaient le pied en Algérie et découvraient la peur en même temps que la violence. Violence d’ailleurs exacerbée par la peur, répression sans aucune limite, représailles de même, dans des combats où il valait mieux ne pas réfléchir si l’on voulait en sortir sans devenir aussi enragé qu’un animal.
Bernard a-t-il gardé sur la peau l’odeur des villages incendiés, jusqu’à la reproduire dans sa vie récente et mériter son sobriquet, Feu-de-Bois? N’a-t-il jamais pardonné à sa mère d’avoir retiré tout le bénéfice de son travail avant la majorité? A-t-il toujours conservé des doutes sur les relations entre Mireille, rencontrée à Oran puis devenue sa femme, et Rabut, le cousin avec qui il s’est battu à la sortie d’un dancing?
Rabut, porteur, dans les premières pages, de la caméra (aussi imaginaire que subjective) dont nous parlions plus haut, et qui ne comprend pas mieux que les autres ce qui se passe quand les événements se précipitent. Rabut, porteur aussi de cauchemars partagés avec Bernard et d’autres. Rabut, qui voudrait «savoir pourquoi on fait des photos et pourquoi elles nous font croire que nous n’avons pas mal au ventre et que nous dormons bien.»
Entre les deux hommes déchirés par une haine confuse, Laurent Mauvignier dessine des souvenirs communs. Et des lignes de fuite qui se brisent sur des cadavres trop nombreux, sur des trahisons, sur de profonds malentendus. Des hommes ne parle que de cela: des hommes. Avec leurs ambitions déçues, leurs erreurs tragiques, leur insondable bêtise. Notre insondable bêtise.

(Article à paraître dans le prochain numéro de C'est dans la poche.)

dimanche 13 mars 2011

C'est dans la poche : Spécial littératures nordiques

Un peu de retard, comme souvent - mais le Salon du Livre de Paris n'est pas encore ouvert et ce sixième numéro de C'est dans la poche est tout entier consacré aux écrivains des cinq pays scandinaves qui y sont invités.

Cinq pays, combien de langues, combien d’horizons? Une vingtaine de livres et autant d’auteurs dessinent des paysages beaux et tourmentés. Comme les habitants, semble-t-il, au moins pour le côté tourmenté, s’il faut en juger par une littérature policière qui se porte bien dans ces régions septentrionales. Le reflet, peut-être, d’une société qui connaît elle aussi ses crises.
À lire les écrivains scandinaves, on découvre des communautés aussi variées que sous d’autres contrées. Tant il est vrai que tout est, au fond, partout pareil et reproduit, sous différentes latitudes, des mécanismes sociaux similaires.
Par ailleurs, le monde est perméable.
Entre les frontières de ces pays, d’abord. Sofi Oksanen écrit en finnois l’Histoire de l’Estonie dans Purge. Plus loin dans le temps, la découverte du Groenland, à présent province danoise, s’écrit en islandais…
Ouvrons encore l’horizon. Le Suédois Henning Mankell est chez lui au Mozambique comme dans son pays natal. Le Danois Jørn Riel n’a rien trouvé d’extraordinaire à s’installer en Malaisie. Et n’est-ce pas Karen Blixen dont la vie africaine a été à l’origine du film Out of Africa?
Décidément, la carte et le territoire – comme disait l’autre – nous exposent à bien des surprises. Comme elles sont, dans l’ensemble, plutôt bonnes, personne ne songera à s’en plaindre.
Le voyage vers le nord, que Jean-François Regnard avait fait dès le XVIIe siècle (Le voyage en Laponie), est moins éreintant dans les livres que dans les conditions de l’époque. Il reste une belle destination.

Pour lire cette livraison, suivez les liens:

dimanche 6 février 2011

C'est dans la poche, le n° 5 est paru

Quand je ne poste pas de notes pendant un certain temps, ne vous inquiétez pas: c'est parce que je travaille trop pour avoir le temps de m'y consacrer. Il y en avait, pourtant, des choses à commenter, ces dernières semaines! (Martine, Céline et les autres...) Quelques-unes survivront peut-être aux jours qui passent.
En attendant, j'ai quand même bouclé le cinquième numéro du mensuel gratuit C'est dans la poche, celui de février - avec quelques jours de retard et quelques pages de moins que ce que j'espérais...
Vous y trouverez des articles sur une vingtaine de nouveautés, et un petit entretien avec l'écrivain américain T.C. Boyle à propos de son roman Les femmes.
Je vous souhaite d'excellentes lectures, et si j'ai contribué à des choix qui vous conviennent, je m'en réjouis déjà.
Voici les liens pour la lecture et/ou le chargement:
Et je rappelle aux distraits qu'un petit site permet de retrouver les numéros précédents.

mardi 4 janvier 2011

C'est dans la poche : n° 4

Le quatrième numéro de votre mensuel préféré (?) est arrivé, avec quelques changements notables. Entre autres celui-ci, tel qu'il est décrit dans l'éditorial:

Jusqu’à présent, nous nous contentions de présenter des livres au format de poche publiés avant la parution du magazine. Pour fêter dignement l’année nouvelle, nous anticiperons désormais de quelques jours. Vous trouverez ici des articles sur des ouvrages qui ne sont pas encore en librairie – mais qui sont sur le point d’y arriver.
Ainsi, les deux grands blocs (quatre pages chacun, presque deux dossiers pour le prix d’un!) constitués par des articles et des entretiens concernent Dany Laferrière et Pierre d’Ovidio. L’énigme du retour, du premier, sort le 5. L’ingratitude des fils, du second, le lendemain.
Ce changement nous semblait nécessaire pour être autant que possible dans l’actualité. Même si le poche est souvent dédaigné par celles et ceux qui font l’actualité, nous connaissons assez de lecteurs qui attendent les offices (comme on le dit chez les libraires) avec une légitime impatience. Si nous rencontrons mieux celle-ci, nous aurons atteint un de nos objectifs.

Voici les liens de chargement:

mardi 7 décembre 2010

C'est dans la poche : enfin le n° 3 !

Voici une proposition de lecture qui ne vous prendra pas trop de temps: je n'en ai pas eu assez (du temps) pour intégrer à ce troisième numéro tout ce que j'aurais voulu y mettre - et en outre je suis en retard par rapport au programme que je m'étais fixé!
Plutôt que de me couvrir la tête de cendres, je vous offre donc en souriant la livraison de décembre, avec une explication (pour le retard et le volume limité) dont je vais faire l'économie ici: elle est déjà dans l'éditorial.
Puisque c'est le moment des cadeaux, je prouve qu'un livre de poche en édition limitée, comme les éditeurs ont pris l'habitude d'en mettre en vente à la fin de l'année, est une bonne idée.
Si vous lisez des livres adaptés au calendrier, en voici quatre qui se déroulent à Noël - très différents les uns des autres.
Et, si vous voulez tout autre chose, découvrez (ou redécouvrez) le très grand écrivain américain John Cheever, adhérez après des dizaines de milliers d'autres lecteurs à la Barcelone de Carlos Ruiz Zafon, ou faites-vous avec Olivier Magny une idée de la manière d'être parisien...
C'est à charger ou à lire ici:
Je rappelle l'existence d'un petit site (lien dans la colonne de droite) un peu foutraque (j'arrangerai ça quand j'en trouverai le temps) mais où vous retrouverez les numéros précédents.

mercredi 3 novembre 2010

Au Renaudot aussi, c'est dans la poche

Je ne suis pas dans les confidences du jury Renaudot.
Et je ne sais pas si l'un ou l'autre des jurés de ce prix a lu C'est dans la poche. (Honnêtement, ça m'étonnerait.)
Mais voyez la jolie coïncidence: hier, alors que venait de paraître le deuxième numéro de ce magazine, la dernière sélection du Renaudot introduit, pour une nouvelle récompense, deux livres de poche.
L'un d'entre eux, d'ailleurs, celui d'Éric Holder (Bella Ciao), a été chroniqué dans le premier numéro de C'est dans la poche. Désolé pour l'autre (L'origine de la violence, de Fabrice Humbert), il était paru plus tôt dans l'année et n'avait donc pas trouvé place dans ces pages.
On en reparlera très vite (la semaine prochaine). Aujourd'hui, c'est jour de Médicis et de premier roman...

mardi 2 novembre 2010

C'est dans la poche : le numéro 2 est disponible

Cela n'a pas été sans mal, pour les raisons que j'explique dans l'éditorial (à lire ci-après), mais voilà: le deuxième numéro de C'est dans la poche est disponible. On peut le lire ou le télécharger dès maintenant sur les sites de Scribd et de Calaméo.
Une astuce: si vous préférez lire en ligne avec deux pages face à face (si donc vous avez la chance d'avoir un bel écran), il vaut mieux suivre le lien Calaméo - le fichier compte une page blanche de plus, après la couverture, grâce à laquelle les articles de plus d'une page seront vus avec la présentation du magazine, telle qu'elle a été conçue.
Les autres liens viendront en leur temps, c'est-à-dire, je pense, très rapidement. Ils seront tous disponibles sur la page dédiée à la revue.
Et voici donc l'éditorial, pour me faire pardonner deux jours de retard (par rapport à ce que j'avais prévu).

À l’heure du bouclage,
Internet rend l’âme…


Les joies d’un bouclage mensuel sont diverses – autant que celles d’un bouclage quotidien, hebdomadaire, ou tout autre rythme de parution que vous pourrez imaginer. Il y a la copie qui traîne, promise pour avant-hier, et pourquoi ce n’est pas encore là ? Je me le demande, je me réunis avec moi-même et je m’engueule. Puisque, jouant ici à peu près tous les rôles (à un article près, qui a failli arriver en retard mais s’est pointé le jour dit, merci Nicolas), je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.
Et un peu aussi à mon fournisseur d’accès Internet, qui m’a laissé presque complètement en rade pendant les trois jours prévus pour terminer ce deuxième numéro de C’est dans la poche. Bon, c’est le week-end, lundi est férié. La hotline est ouverte, mais seulement pour prendre les appels. En ce qui concerne la solution du problème, il faudra attendre mardi. Le 2. Un jour de retard sur mes prévisions.
C’est qu’il manque encore quelques couvertures de livres, puisées avec difficultés sur les sites d’éditeurs grâce à une connexion 3G+ de secours. Avec une carte prépayée dont la validité a expiré il y a un mois. Qui lit les indications en petits caractères ? Pas moi. Jusqu’à maintenant. Ça va changer…
À l’exception de ces quelques contretemps, pourtant, tout va bien. Le numéro que vous venez d’ouvrir ressemble, un peu plus que le premier, à ce que je pouvais espérer. Vous me direz ce que vous en pensez.
L’accueil, le mois dernier, a été bon. Excellent, même. Il semble que je sois le seul à avoir vu tous les défauts de la livraison d’octobre. Plusieurs blogs ont signalé l’existence de C’est dans la poche qui, du coup, a pu commencer à exister vraiment, pour au moins 2000 lecteurs.
On m’a suggéré une édition au format epub. Au moment où les liseuses se répandent à toute allure, c’est certainement une bonne idée. Mais il faudrait, pour réaliser cette déclinaison de la version PDF, faire reculer les limites de mes compétences en informatique. Cela viendra peut-être.
La priorité reste cependant de proposer, dans une présentation agréable (qui ne va pas non plus jusqu’à l’élégance que pourrait obtenir un metteur en page digne de ce nom), un contenu solide, basé sur la lecture critique des livres. Et de piocher chaque mois dans l’abondante production des éditeurs au format de poche.
La présence d’un dossier consacré à une collection, un reportage sur «Lire en Poche», des citations au second degré et une page renvoyant vers Internet (quand cela fonctionne) sont les nouveautés de ce deuxième numéro. Avec la présence de quelques auteurs grâce à leurs photographies.
Rendez-vous dans un mois.

lundi 4 octobre 2010

C'est dans la poche essaime sur la Toile

Merci à toutes celles et tous ceux qui semblent trouver leur bonheur en découvrant le premier numéro de C'est dans la poche.
Les réactions, ici même, vont toutes dans le même sens (et c'est bien agréable). Je lis: «Superbe travail», «Très belle initiative», «Beau travail», «Bravo», «Exactement ce que j'attendais». Ou, sur le site Ebooks libres & gratuits: «Ce document est très intéressant, je le lirai régulièrement.»
Je suis à un pas de la grosse tête...
Sur Facebook et sur Twitter, l'information circule (merci Laurence, Christiane, Nicolas et d'autres que je n'ai peut-être pas vus).
Des sites et des blogs en parlent, là aussi de manière plaisante.
Actualitté y consacre un article: «Voici un nouveau venu dans l'actualité des publications, et pourtant pas vraiment un petit jeune dans le monde d'internet. Pierre Maury officiant sur Le Journal d'un lecteur s'est décidé à monter son magazine, C'est dans la poche.» Avec des rappels via Twitter, Facebook ou Les Buzz...
Aldus aussi signale l'arrivée d'un mensuel du poche et lui souhaite longue vie, ainsi qu'une version ePub (je veux bien essayer, mais je dois apprendre).
In Cold Blog prévient: «Attention, tous les mois, cet homme vous fera les poches». Et suscite dix commentaires ainsi que des relais.
Enfin, Hors du temps me fait craquer définitivement en annonçant, pour présenter le magazine: «Alerte générale! Cessez toute activité!» Et de préciser: «Pierre Maury est donc mon nouvel amoureux, mon idole, mon maître, mon dieu.» Ma foi, pourquoi pas? Il reste à prouver que je resterai digne de ce statut, qui m'est en réalité attribué grâce à une coïncidence: parce que Kate Atkinson arrive en tête de liste sur la couverture du premier numéro - les auteurs sont classés dans l'ordre alphabétique...
Si vous n'avez pas encore été touché par ce bel élan, je suggère d'aller voir là où vous pourrez lire et/ou télécharger le premier numéro de C'est dans la poche. C'est-à-dire aux adresses suivantes:
Et n'hésitez pas à faire passer l'information si vous la trouvez pertinente...

vendredi 1 octobre 2010

C'est dans la poche : de nouveaux liens

Le site Ebooks libres & gratuits, dont je vous parle parfois, accueille le premier numéro de C'est dans la poche (et avec enthousiasme, si j'en juge d'après le commentaire très agréable).
Voici le lien direct, mais je vous conseille vivement d'aller voir de temps en temps la page d'accueil: des nouveautés sont proposées régulièrement.
Par ailleurs, Pierre Assouline a créé un lien dans la page de son célèbre blog, La république des livres. Merci à lui.

mercredi 29 septembre 2010

Un mensuel électronique gratuit sur les nouveautés au format poche


Ah! les collections de poche! Je pourrais vous en parler pendant des jours. Comment j'ai découvert avec elles, grâce à leurs prix modérés, le bonheur de posséder des textes que j'aimais et qui ne m'étaient accessibles qu'en bibliothèque. Le plaisir que j'ai eu à travailler dans une librairie qui mettait son point d'honneur à proposer tous les ouvrages disponibles de toutes les collections de poche. La fierté d'appartenir, comme auteur et éditeur, à une maison spécialisée dans ce format. Pourquoi il me semblait essentiel, il y a plus de vingt ans, d'intégrer aux pages littéraires du Soir des articles sur les poches - la chronique a plusieurs fois changé de forme, mais elle y a toujours sa place aujourd'hui. Le passage au blog avec Les poches sous les yeux, pour Livres Hebdo, dont la matière a été depuis réintégrée ici...
Tout cela témoigne, me semble-t-il, de mon intérêt pour cette part de l'édition trop négligée par la presse - surtout au regard de ce qu'elle représente pour les lecteurs.
Aujourd'hui, j'ai décidé d'aller plus loin.
Je lance C'est dans la poche, un mensuel électronique gratuit consacré aux nouveautés parues en poche.
Le premier numéro est disponible. Après la couverture, que vous avez pu voir (et admirer, j'espère) ci-dessus, voici un aperçu réduit des 24 pages qui suivent.


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