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dimanche 11 février 2018

Les prix littéraires refleurissent au printemps

A dire vrai, c'est même quelques jours avant l'ouverture officielle du printemps (la saison, pas le magasin), et plus exactement le 15 mars, que sera remis le Prix France Télévisions, ou plus exactement les prix: un pour un roman, un autre pour un essai.
Les sélections sont connues depuis quelques jours (oui, j'ai pris du retard), les voici.

Essais
Yves Coppens. Origines de l'Homme, origines d'un homme (Odile Jacob)
Ivan Jablonka. En camping-car (Seuil)
Charles Juliet. Gratitude. Journal IX: 2004-2008 (P.O.L.)
Marceline Loridan-Ivens, avec Judith Perrignon. L’Amour après (Grasset)
Chantal Thomas. Souvenirs de la marée basse (Seuil)
Serge Toubiana. Les Bouées jaunes (Stock)

Romans
Nathalie Azoulai. Les Spectateurs (P.O.L.)
Michel Bernard. Le Bon cœur (La Table Ronde)
Isabelle Carré. Les Rêveurs (Grasset)
Eric Holder. La Belle n'a pas sommeil (Seuil)
Marie-Hélène Lafon. Nos vies (Buchet-Chastel)
Marie Redonnet. Trio pour un monde égaré (Le Tripode)

vendredi 24 mars 2017

Nathacha Appanah, Prix France Télévisions

On peut regarder la télé et aimer les bons livres. La preuve par le Prix France Télévisions qui couronne cette année Tropique de la violence, de Nathacha Appanah.
C’est peut-être parce que Nathacha Appanah a publié, en même temps que ce roman, un Petit éloge des fantômes qu’on est si sensible au passage des âmes dans son sixième roman, Tropique de la violence. Le monde des vivants est parfois investi par les fantômes qui surgissent deux fois, ou presque : quelqu’un réagit comme si il ou elle avait vu un fantôme. Mais laissons cet aspect annexe, pour en venir à l’essentiel.
Cinq personnages se croisent jusqu’au vertige sur la terre française de Mayotte. Française, mais peu semblable à l’image traditionnelle de la France. Stéphane, venu faire une année de bénévolat dans une ONG, a trouvé des paysages splendides et un décor humain pour le moins contrastés : « Chaque matin, ce paysage magnifique et irréel sur la baie de Mamoudzou suffisait pour me donner de l’énergie, et j’oubliais la lie, j’oubliais la violence, j’oubliais la fange. Mais aujourd’hui, je ne vois qu’un bidonville, je n’entends que la colère, je ne vois que la mer violée par les morts et le sang et je voudrais fouiller cette lie, retourner cette violence peau à l’envers, je voudrais plonger dans la fange pour retrouver Mo. »
Mais Stéphane est surtout spectateur du drame qui se joue entre les autres protagonistes, avec Mo, Moïse, à l’avant-plan : « j’ai quinze ans et, à l’aube, j’ai tué. […] Je suis seul et j’ai tué Bruce, à l’aube, dans les bois. Bruce et son cœur de sauvage et son cerveau de malade et sa langue de serpent, Bruce qui me, qui m’avait… »
Qui m’avait quoi ? C’est l’énigme d’où tout le reste découle, bien que très loin en amont on puisse lire aussi, entre les lignes du roman, des causes plus profondes à cette violence. Une société en si piteux état que n’importe quelle étincelle peut se transformer, à tout moment, en embrasement général.
Tropique de la violence est un livre puissant, qui ne se substitue pas à une analyse sociologique mais qui trouve dans l’invention de quelques vies le chemin vers les racines du mal. Cela nous en donne une perception plus fine, probablement, que dans un exposé scientifique. Et, puisque nous sommes au plus près des personnages dont chacun prend tour à tour la parole, dans une polyphonie finalement révélatrice, nous comprenons mieux comment ils en arrivent là. A ce point de non-retour.

vendredi 18 mars 2016

L'autre saison des prix littéraires, suite

Olivier Bourdeaut emprunte le chemin suivi, en 2014, par Maylis de Kerangal avec Réparez les vivants. La réédition de ce roman en collection Folio était proposée avec une bande: "Le roman aux 10 prix littéraires". Pas assez de place pour les citer tous, en effet. J'en avais empilé quelques-uns dans une note de blog: les prix du Roman des étudiants, RTL/Lire et Orange. Les deux premiers, pour Olivier Bourdeaut et En attendant Bojangles, c'est fait. Il s'y est ajouté, hier soir, le Prix du Roman France Télévision (côté essai, c'est le Journal d'un vampire en pyjama, de Mathias Malzieu, qui l'a décroché).
"Et de trois!", lâche l'éditeur sur sa page Facebook, en proposant un nouveau bandeau rouge, provisoire probablement, parce qu'il faudra bien l'intégrer au précédent. Voici les deux versions actuelles, celle du site et celle de Facebook.


Problème de riche, bien sûr. Problème aussi d'un coup de projecteur trop appuyé sur un seul livre, quand tant d'autres mériteraient mieux que de récolter des miettes...
Chaque fois qu'un ouvrage monopolise les prix, j'en veux un peu, voire beaucoup, aux différents jurys et je me demande s'ils ne sont pas aussi moutonniers que peut l'être une partie du public - la partie pour laquelle un chiffre de vente est un argument de qualité.
Heureusement, il n'y en a pas tout à fait que pour Olivier Bourdeaut.

Catherine Poulain a reçu le Prix Mac Orlan pour son formidable roman, Le grand marin. Son premier livre, elle aussi.
La pêche à la ligne, cadre favorable à la méditation, n’est pas le genre de Catherine Poulain. Son premier roman, Le grand marin, nous entraîne sur des mers secouées, du côté de l’Alaska, pour des campagnes de pêche à l’ancienne. La fatigue, la douleur, la peur règnent, avec quelques moments d’exaltation. Mais ceux-ci se produisent plus aisément sur terre qu’en bateau, quand par exemple les pêcheurs repeignent la ville en rouge. C’est-à-dire, pour l’exprimer crûment, vont se saouler la gueule.
Dans un contexte très masculin, Lili, femme menue mais aux mains puissantes et à l’esprit libre, fait tache. Elle veut pêcher pour échapper à la routine dans laquelle elle s’engourdissait en France. Elle n’a pas les papiers nécessaires, tout le monde n’est heureusement pas à cheval sur les règlements. Mais elle doit s’imposer parmi les marins-pêcheurs, sur les bateaux comme dans les bars, ce n’est pas gagné.
Catherine Poulain a dû vivre cette existence précaire, les mains blessées, le corps rompu, le sang des poissons giclant jusqu’au visage. L’expérience personnelle ne suffit certes pas pour écrire un roman qui emporte le lecteur dans les mêmes émotions. Il y faut quelque chose en plus, qu’on appellera le talent pour faire vite. Si Le grand marin nous fait vibrer au rythme des vagues et des prises, à celui des bières et du manque de sommeil, c’est parce que l’écrivaine impose, avec son entrée en littérature, un langage aussi âpre et heurté que ce dont elle nous parle. On entend les cris, on les reçoit comme des chuchotements…
Si le titre se rapporte à un homme – le grand marin s’appelle Jude, comme son père, comme son frère –, et non à l’activité qui occupe principalement Lili, c’est bien parce qu’une histoire d’amour fait surface. Mais peut-être va-t-elle se noyer, tant l’attirance réciproque sur laquelle elle se construit est minée par des désirs contradictoires.
Reste la question du pourquoi. Pourquoi s’engager avec autant de volonté dans une activité éreintante et dangereuse ? On trouve plusieurs réponses au fil des pages. Dont celle-ci, qui les résume au mieux : « Je veux m’épuiser encore et encore, que rien ne m’arrête plus, comme… comme une corde tendue, oui, et qui n’a pas le droit de se détendre, tendue au risque de se rompre. » On est très loin, en effet, de la pêche à la ligne, et plus proche de ce qui doit motiver des sportifs de l’extrême. Si étrangères au lecteur que soient ces aspirations, il les partagera volontiers le temps d’un livre.

Et Astrid Manfredi a été choisie par le jury du premier Prix Régine Deforges, réservé à un premier roman, grâce à La petite barbare.
Avec son « cri de cheyenne sans tribu », l’héroïne du premier roman d’Astrid Manfredi se fait entendre. Tous les moyens sont bons pour rendre supportable et abréger son séjour en prison. Sa voix est pleine de colère, elle gronde comme celle d’un fauve avec, dans un coin de sa tête, quelques modèles, de Nabilla à Marguerite Duras. Et l’espoir de vivre pleinement au rythme de ses 21 ans : boîtes de nuit et shots de vodka. Bientôt libre, elle fait provision d’une énergie qu’elle partage.

jeudi 11 décembre 2014

Eric Reinhardt, Prix France Télévisions

Je vous parlais dès le 12 août de L'amour et les forêts, d'Eric Reinhardt - le roman n'était pas encore sorti. J'y suis revenu plusieurs fois, pour dire le bien que j'en pensais, en même temps que mon étonnement de le voir écarté successivement de toutes les sélections pour les grands prix littéraires d'automne. Le Renaudot des Lycéens lui avait donné un prix de consolation. En voici un autre avec le Prix France Télévisions, qui lui a été attribué tout à l'heure. Mais la plus belle des consolations lui vient sans doute de se situer très haut dans les meilleures ventes de l'automne, aux environs de 60.000 exemplaires jusqu'à présent selon L'Express. Quant à la nôtre, de consolation, elle consistera à avoir lu un livre formidable.
Les écrivains reçoivent parfois des lettres de lecteurs. Ou de lectrices. C’est le cas pour Eric Reinhardt, comme d’autres. C’est le cas aussi pour le narrateur de son nouveau roman L’amour et les forêts. Il s’appelle Eric Reinhardt. Il a publié en 2007 le livre dont il est le plus fier, puis en 2011 un roman dont il a « la vague et désagréable impression qu’il n’est pas parvenu à se hisser au niveau du précédent ». Eric Reinhardt personnage a tout d’Eric Reinhardt auteur de L’amour et les forêts, grâce à des coïncidences avec sa bibliographie : Cendrillon en 2007, Le système Victoria en 2011.
Ceci dit, on se moque bien de savoir si une femme qui s’appelait, ou non, Bénédicte Ombredanne lui a écrit après avoir lu Cendrillon. Il suffit que, dans L’amour et les forêts, elle lui envoie une lettre en 2007, après avoir lu le livre qu’il vient de publier. Le narrateur la rencontre une première fois, une deuxième, plus tard, une correspondance s’engage, puis le silence. Soudain. Définitif. On comprendra, au fil du récit, pourquoi il ne pouvait en être autrement.
Bénédicte Ombredanne est une femme fine et intelligente, la qualité de sa première lettre a convaincu l’écrivain d’accepter une rencontre. Il est vrai qu’elle y disait aussi sa colère d’avoir été écartée d’un jury littéraire dans lequel elle espérait orienter les débats en faveur du roman qu’elle venait de lire, de quoi chatouiller l’orgueil de son auteur : enfin quelqu’un qui me comprend !
Au-delà de l’excellente impression laissée par ce premier contact, Eric trouve en Bénédicte une personne complexe. Sa situation ne l’est pas moins. Mariée à un homme qui, sous couvert de manque de confiance en lui, s’est révélé un véritable tyran domestique, elle est prisonnière de son couple. Et cherche à s’en évader, ce qui lui arrivera au moins une fois pour une journée de pur bonheur grâce à une rencontre miraculeuse comme les sites spécialisés sur Internet n’en provoquent guère.
Bénédicte est une femme blessée qui ne cicatrise pas. Parce que son mari ne cesse de retourner le couteau dans la plaie, la harcelant pour tout savoir de ce qu’elle aurait voulu taire, lui interdisant les contacts les plus innocents – avec Eric, par exemple. Le portrait de ce personnage empli de douleur broie le cœur, tant il fait ressentir, au plus profond, le déchirement de son impuissance à être celle qu’elle aurait voulu devenir.
Madame Bovary, a-t-on déjà beaucoup dit. La comparaison se justifie, à condition d’envisager une Madame Bovary d’aujourd’hui, soumise à des contraintes nouvelles. Mais tout aussi malheureuse. Et prête à tout pour vivre intensément, ne serait-ce qu’une fois, la belle aventure romantique du tir à l’arc dans la forêt.

jeudi 12 décembre 2013

Encore un prix pour Pierre Lemaitre

Même si David Caviglioli, sur le site Bibliobs, s'obstine à coller un accent circonflexe superflu sur le "i" de son nom, j'admets volontiers avec lui que Pierre Lemaitre n'avait pas besoin du Prix France Télévisions, qui lui a été attribué aujourd'hui après le Goncourt. Seuls Blake et Mortimer (remarquez qu'ils ont dû s'y mettre à deux, comme d'ailleurs le scénariste et le dessinateur) parviennent à le devancer dans les listes de meilleures ventes pour l'instant.
Ceci dit, Au revoir là-haut ferait un bon téléfilm (France Télévisions, téléfilm, vous suivez?), à condition de passer rapidement sur les premières pages qui provoqueraient un dépassement de budget avant même d'en estimer le premier poste. Un bon film aussi, d'ailleurs. Et, en attendant, une bonne lecture.
Mais, oui, il y avait d'autres ouvrages en lice, et non des moindres. Mon confrère en cite un en particulier, sur lequel j'avais déjà beaucoup insisté, je n'y reviendrai donc pas.

mercredi 5 décembre 2012

Le prix du roman France Télévisions pour Antoine Choplin

Antoine Choplin est le genre d'auteur discret qui cisèle de petits livres presque parfaits - et dont j'aime suivre la production. Je sens que bien d'autres lecteurs vont maintenant faire comme moi: La nuit tombée vient de recevoir le prix du roman France Télévisions, un de ces prix du public comme le public les adore, et qu'il a raison d'adorer quand ils couronnent des livres comme celui-ci.

Antoine Choplin ne prend pas le temps de faire les présentations. Dès la première phrase, Gouri est là, arrêté après les derniers faubourgs de Kiev pour vérifier l’attache de la remorque. Gouri est sur la route, dans un paysage qu’il n’a pas vu depuis deux ans, il « devrait rejoindre Chevtchenko avant la nuit. » Il se dirige vers « la zone » où, comprendra-t-on, il a habité avant qu’elle soit interdite et où il veut récupérer une porte de son appartement, avec des inscriptions et les marques faites aux anniversaires de sa fille. C’est toute une expédition, semble-t-il, rendue difficile à cause d’un accident qui s’est produit dans la région. Antoine Choplin ne le dira pas non plus, car l’écrivain est économe de mots et d’informations (c’est d’ailleurs une de ses grandes qualités), mais il n’est pas difficile de deviner qu’il s’agit de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Des hommes et des femmes sont morts, d’autres sont malades, toute une région a été contaminée : la zone.
Pour s’y rendre, il faut rouler de nuit, étudier le parcours, éviter les postes de garde et les patrouilles. Une expédition, en effet. Dont le camp de base sera, avant d’entrer en territoire hostile, une maison amie dans laquelle un homme se meurt doucement, dans la fausse paix qui suit les grandes catastrophes. Là, on mange, on boit, on se donne des nouvelles des uns et des autres, on fait le point sur la situation dans les environs. Puis c’est le départ, avec Piotr pour accompagner Gouri, l’inquiétude devant ce qu’on ne connaît pas puisque personne ne sait dans quel état se trouve la ville où ils se rendent.
La nuit tombée est un roman bref qui étreint le cœur. Tout ce qui n’est pas dit est présent dans les gestes. Et les mots de la conversation ne s’écoulent que pour marquer le temps de ce voyage hors du temps, pendant lequel gagne le sentiment de la fragilité humaine.

mardi 16 octobre 2012

N'oublions pas le prix France Télévisions

Quand on pense avoir fait le tour des prix littéraires, il y en a toujours un pour se rappeler à notre bon souvenir. C'est le prix France Télévisions, aujourd'hui, dont la sélection vient d'être publiée, avec six titres qui ne sont pas tous retenus ailleurs:

  • Christine Angot, Une semaine de vacances (Flammarion)
  • Antoine Choplin, La nuit tombée (La Fosse aux ours)
  • Maryse Condé, La vie sans fards (Lattès)
  • Patrick Deville, Peste & Choléra (Seuil)
  • Jean Echenoz, 14 ( Minuit)
  • Joy Sorman, Comme une bête (Gallimard)

Curieux, le choix de Christine Angot, bien qu'elle soit aussi dans la première sélection du prix Décembre - mais elle en sortira peut-être après-demain. La parole n'est maintenant plus au jury de professionnels (je suis revenu au prix France Télévisions, là), mais aux 21 téléspectateurs qui choisiront le ou la lauréat(e). Proclamation le 5 décembre.

jeudi 3 novembre 2011

L'actualité littéraire (43) - Prix Décembre et France Télévisions

Écartée du prix Goncourt, louée par François Busnel (son compagnon à la ville, pour celles et ceux qui n'ont pas entendu parler du scandale de la semaine), encensée par moi qui ne la connais pas du tout, Delphine de Vigan a reçu aujourd'hui une juste récompense avec le prix France Télévisions attribué à Rien ne s'oppose à la nuit - après le prix du roman Fnac il y a deux mois.
Je n'étais pas fou de ses précédents livres. En se mettant à nu dans celui-ci en même temps qu'elle tente de comprendre l'énigme que fut sa mère, elle va loin dans une autofiction généreuse et néanmoins emplie de doutes. Il faut ouvrir ce roman (meilleure vente ces jours-ci dans les librairies françaises, les lecteurs ne sont pas idiots non plus) sans a priori. Se laisser râper la peau et l'âme par une écriture à la fois violente et retenue, qui provoque sans cesse des secousses bénéfiques autant qu'insupportables. Sur le fil du rasoir, au bord d'un abîme qui, d'ailleurs, s'ouvre parfois, Delphine de Vigan a tout donné d'elle ici, s'est mise en danger, a réussi à franchir les barrières de l'indicible pour, précisément, le dire. Ce n'est pas seulement un exploit - même si c'est est un aussi. C'est profondément touchant.

Aujourd'hui aussi, le prix Décembre (qu'en privé je continue souvent à appeler Novembre, un effet de l'âge?) n'a pas réussi à choisir entre les deux candidats toujours en lice après le prix Renaudot d'Emmanuel Carrère. Jean-Christophe Bailly (Le dépaysement) et Olivier Frébourg (Gaston et Gustave) se partagent donc les 30.000 euros du prix, et les honneurs qui l'accompagnent. Mais je ne les ai pas lus et, vous le savez, dans ce cas-là, je préfère me taire.