mardi 16 octobre 2012

Découvrir Kafka ?

C'est toute une histoire, dont je ne connais pas vraiment les tenants et les aboutissants - ceux-ci ne m'intéressent d'ailleurs pas trop, je dois l'avouer. Mais les manuscrits de Kafka qui atterrissent à la Bibliothèque nationale d’Israël, cela me fait frétiller. J'ai cru lire quelque part que cela représentait vraiment des gros tas de papier dont la valeur marchande est évidemment immense - mais vous aurez deviné que ce n'est pas cela qui excite mon imagination.
En revanche, faites un petit effort pour rêver, comme je le fais depuis quelques jours, à l'hypothétique masse d'inédits que les chercheurs vont trouver là-dedans et qui feront leur bonheur avant de faire le nôtre, quand ils les auront publiés. Bien sûr, il faudra du temps avant d'y avoir accès et peut-être, après tout, Max Brod a-t-il vraiment édité le meilleur pour ne laisser que des textes mineurs.
Mais un texte de Kafka, même mineur, je sais que je me jetterais dessus comme sur un verre d'eau après trois jours dans le désert. Souvenez-vous...
En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. Il était sur le dos, un dos aussi dur qu’une carapace, et, en relevant un peu la tête, il vit, bombé, brun, cloisonné par des arceaux plus rigides, son abdomen sur le haut duquel la couverture, prête à glisser tout à fait, ne tenait plus qu’à peine. Ses nombreuses pattes, lamentablement grêles par comparaison avec la corpulence qu’il avait par ailleurs, grouillaient désespérément sous ses yeux.

vendredi 12 octobre 2012

Au deuxième tour des prix littéraires

La peau de chagrin des sélections effectuées par les jurys va, c'est logique, se rétrécissant. J'avais fait le point, il y a deux semaines environ, après le premier tour de table. On voit mieux - un peu mieux - maintenant quelles sont les tendances fortes de cette rentrée, au moins pour ce qui concerne les prix d'automne. Les sélections sont mises à jour dans un document récapitulatif au fur et à mesure qu'elles sont publiées. On n'en a évidemment pas fini, puisque la grande semaine des prix sera celle du 5 novembre, avec six annonces importantes en quatre jours (et je ne compte pas les prix du roman étranger ou de l'essai, qui rendraient la concentration plus importante encore).
Une remarque avant d'en venir aux ouvrages les plus souvent retenus: le jury du prix Femina semble le moins avancé dans ses choix. Non seulement parce que dix romans sont encore en lice, mais aussi parce que deux nouveaux venus se sont introduits dans la liste. Il faudra attendre une troisième sélection, le 19 octobre (la semaine prochaine, déjà), pour tenter de deviner vers quoi on se dirige.
Pour l'instant, et avec toutes les précautions d'usage, Peste & choléra de Patrick Deville reste, et de loin, le roman le plus en évidence. Il est retenu par la quasi totalité des jurys: Femina, Médicis, Goncourt (et Goncourt des Lycéens), Renaudot et Décembre.
Ensuite, cela se resserre. Joël Dicker (La vérité sur l'affaire Harry Quebert) et Jérôme Ferrari (Le sermon sur le chute de Rome), nommés quatre fois dans les premières sélections, ne le sont plus que trois fois. Dont l'une pour le Grand prix du roman de l'Académie française - et il s'agit là de la dernière sélection, que je vous ai donnée hier. Ils restent aussi tous deux en course au Goncourt (et au Goncourt des Lycéens) et à l'Interallié.
Philippe Djian ("Oh...") et Anne Serre (Petite table, sois mise!) n'ont rien lâché entre les deux tours et conservent leurs trois mentions. Philippe Djian au Médicis, au Flore et à l'Interallié. Anne Serre au Femina, au Flore et au Wepler/Fondation La Poste.
Aurélien Bellanger (La théorie de l'information) et Nicolas d'Estienne d'Orves (Les fidélités successives) ont en revanche beaucoup perdu en deux semaines et ne sont plus nommés qu'une fois chacun, respectivement au Flore et à l'Interallié.
Les chances de certains remontent donc: Vassilis Alexakis (L'enfant grec, Goncourt et Renaudot), Thierry Beinstingel (Ils désertent, Femina et Goncourt), Anne Berest (Les Patriarches, Renaudot et Flore), Oscar Coop-Phane (Zénith-Hôtel, Flore et Wepler), Julia Deck (Viviane Elisabeth Fauville, Femina et Wepler), Leslie Kaplan (Millefeuille, Médicis et Wepler) et Emmanuelle Pireyre (Féérie générale, Médicis et Wepler).
Le calendrier peut nous réserver quelques surprises encore. Voici les dates des sélections et proclamations à venir. Je vous renvoie chaque fois à mes derniers commentaires.

jeudi 11 octobre 2012

Trois romans pour l'Académie française

Pendant que l'Académie suédoise choisissait le meilleur écrivain du monde (pour cette année), l'Académie française cherchait à savoir quel est le meilleur roman de la rentrée 2012 à Paris (et à Arles). Mathias Enard, Luc Lang, Tobie Nathan et Patrick Roegiers n'ont pas été jugés dignes de cet honneur. Cela se discute, bien entendu, mais la deuxième (et dernière) sélection est plus qu'honorable. Je vous laisse en juger, non sans rappeler que le Grand prix du roman de l'Académie française (pour être complet mais avec un peu moins de majuscules qu'ils n'en mettent) sera proclamé le jeudi 25 octobre. Exactement dans deux semaines, donc. Le temps de lire trois romans, c'est possible?

  • Gwenaëlle Aubry, Partages (Mercure de France)
  • Joël Dicker, La vérité sur l'affaire Harry Quebert (de Fallois/L'Age d'homme)
  • Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud)

Prix Nobel de littérature : Mo Yan

Le romancier chinois Mo Yan était le favori avec le Japonais Haruki Murakami, c'est le premier des deux qui reçoit donc le prix Nobel de littérature cette année. Il est né en 1955, de nombreux livres ont été traduits en français, dont Le veau, suivi de Le coureur de fond qui vient de paraître la semaine dernière, en même temps que la réédition au format de poche de Grenouilles. Son livre le plus connu est Beaux seins, belles fesses, mais c'est de La dure loi du karma que je vais vous parler, parce qu'il faut bien choisir - et parce que je l'ai lu.

Un demi-siècle de changements dans un village de Chine. Les réincarnations successives de Ximen Nao : à partir de 1950, année de sa mort, il devient âne, bœuf, cochon, chien, singe, avant de renaître en enfant. La présence constante de Mo Yan en personnage de son propre roman, auteur de textes qui éclairent le récit – ou l’obscurcissent – et type bizarre, petit drôle, canaille, petit garnement, petit diable, non-conformiste, on en passe. Plus de sept cent cinquante pages foisonnant d’anecdotes, d’action, de dialogues, d’incises, partagées entre plusieurs narrateurs et conclues par Mo Yan qui reprend la main pour répondre au souhait des lecteurs « de voir comment tout se termine. » S’il s’agit bien d’une fin…
La dure loi du karma est un roman total dans lequel s’inscrivent les vies successives d’un individu mais aussi celles des habitants du village et, à travers eux, l’évolution d’un immense pays. Ximen Nao, propriétaire terrien qui n’a rien à se reprocher, est condamné à mort pour des raisons politiques incompréhensibles à ses yeux. Lan Lian, son valet, héritera de l’âne dans lequel il retrouve l’âme de son patron, ainsi que d’un caractère individualiste qui fera de lui le dernier paysan indépendant d’une commune collectiviste. Bien des personnages ont des noms dont la traduction reflète fidèlement les événements de la deuxième partie du 20e siècle : Libération, Entraide mutuelle, Coopération, Tigre, Combattre l’Amérique, Ouverture, Réforme…
La construction romanesque propose une vision qui va du particulier au général. Rien de mécanique dans ce vaste projet dont les fondements disparaissent parmi des scènes d’une grande drôlerie. Excessif, La dure loi du karma rebondit, de chapitre en chapitre, des travaux des champs à une dispute, d’un feu de camp à une réunion de hauts fonctionnaires, d’une castration à une chasse aux sangliers… La variété des événements se décline presque à l’infini.
Malgré la vitesse du récit et le nombre de voix qui s’y font entendre, le romancier ne perd jamais de vue le fil autour duquel tout s’articule : les formes animales endossées par Ximen Nao. Celui-ci ne perd pas une occasion de manifester les talents particuliers que lui donnent les espèces dans lesquelles il se transforme. Soumis à la fois aux instincts de ses races et à ce qu’il connaît du monde grâce à son passé d’homme, il combine les deux aspects pour jouer souvent les trouble-fête dans un milieu social où on n’attend guère ses réactions au début de chaque réincarnation. Avant que les sentiments envers lui se partagent entre affection, pour ceux qui ont bénéficié de ses actes, et méfiance ou haine, pour les autres.
Les commentaires émis par les animaux habités par lui sont savoureux. Ils interviennent en constant décalage avec le cours d’un roman dont ils brisent le rythme tout en l’infléchissant parfois dans des directions inattendues.
Mo Yan, la cinquantaine, a publié beaucoup plus de livres qu’il ne compte d’années. Son écriture frénétique l’a poussé plusieurs fois vers des romans épais. Celui-ci est dans sa norme. Son tempérament frondeur lui a valu aussi quelques ennuis avec la censure. En d’autres temps, La dure loi du karma en aurait probablement subi les foudres. Il est un romancier en liberté, lâché sur un vaste espace dont il n’a pas fini d’explorer les recoins.

Prix Nobel de littérature : les pronostics vont bon train

En même temps, on sait bien que les pronostics ne servent à rien, l'Académie suédoise semblant prendre un malin plaisir à déjouer l'attente de ceux qui espèrent toujours voir leur poulain (je n'ose pas écrire: ou leur pouliche) couronné. Quantité de noms circulent chaque année, qui reviennent encore cette fois dans les commentaires. Philip Roth, Adonis, Joyce Carol Oates, Assia Djebar, Ismail Kadaré, Salman Rushdie, Nuruddin Farah et quantité d'autres risquent fort de rejoindre, après leur disparition, la longue liste des prétendants au Nobel qui ne l'ont jamais reçu.
Alors, puisque le site de paris en ligne Ladbrokes semble avoir, ces dernières années, désigné le vainqueur avant l'heure (il devrait être 13 heures à Paris si l'horaire est respecté), on se tourne vers lui en se demandant si les cas de Herta Müller, J.M.G. Le Clézio et Tomas Tranströmer, en forte hausse dans les heures précédant la proclamation, sont susceptibles de se renouveler.
Ce matin, je ne note aucun mouvement significatif depuis hier soir dans les cotes affichées. (Là, je vais avoir l'impression de commenter une course de chevaux, désolé...)
Le Japonais Haruki Murakami, dont je vous parlais il il a peu, est l'indéboulonnable favori des parieurs depuis des semaines. Coté à 6 contre 4, il a même renforcé sa position ces derniers jours. Il est suivi par le Hongrois Peter Nadas (5/2) qui a fortement progressé dans le classement depuis 48 heures - mais pas assez pour que ce soit significatif. Puis vient l'Irlandais William Trevor (7/1), précédant un beau duo: le Chinois Mo Yan et la Canadienne Alice Munro, tous deux à 8/1. Bob Dylan (10/1) garde un peu d'avance sur un groupe coté à 12/1: Cees Nooteboom, Ngugi wa Thiog'o et Thomas Pynchon.
Bernard Pivot tweetait joliment ce matin: "Si j'ai le Nobel de littérature, je m'inviterai à Apostrophes." Mais Apostrophes n'existe plus depuis longtemps, cher Bernard, et vous n'aurez pas le Nobel. Pas besoin de le lui dire, il le sait, évidemment.
Pour les autres, il ne reste qu'à attendre. Ou surveiller Ladbrokes, dans le cas où une tendance forte s'y dessinerait ce matin...

mercredi 10 octobre 2012

Un prix littéraire américain : le National Book Award

Parfois, je me fatigue de cette expression avec laquelle on nous bassine les oreilles jusqu'à ce qu'elle perde tout son sens: l'exception culturelle française. Bon, c'est vrai, les Français ne font rien comme les autres, c'est d'ailleurs bien pour cela qu'ils nous énervent et qu'on les aime bien - les deux sentiments contradictoires dans le même élan, oui, oui...
Pour ne parler que de littérature, ce qui à l'évidence me touche le plus, la rentrée est en effet un phénomène assez peu répandu dans le monde (encore qu'il faudrait aller voir un peu partout et ne pas se contenter d'idées reçues, je ne m'avancerai donc pas plus loin). Mais il y a des prix littéraires un peu partout et cette saison semble propice aux récompenses bien au-delà de l'Hexagone.
J'en veux pour preuve la remise des National Book Awards aux États-Unis, le 14 novembre. Et, comme en France, des sélections sont publiées. Dans quatre catégories: fiction, non fiction, poésie et essai. Dans le jury du roman, le seul dont je vais vous dire un mot, la présidente est Lorrie Moore. Le très sympathique (je le dis pour l'avoir rencontré à Saint-Malo) Dinaw Mengestu fait partie de ce jury, avec Stacey D’Erasmo et Janet Peery que je connais... euh... je vais dire: moins. Les sélectionnés ne sont pas tous des inconnus non plus, puisqu'ils ont souvent été traduits en français:
  • Junot Díaz, This Is How You Lose Her (Riverhead)
  • Dave Eggers, A Hologram for the King (McSweeney’s)
  • Louise Erdrich, The Round House (Harper)
  • Ben Fountain, Billy Lynn’s Long Halftime Walk (Ecco)
  • Kevin Powers, The Yellow Birds (Little, Brown)
Le dernier cité semble être la seule exception, je ne lui trouve aucun livre publié chez nous. Cela devrait donner des idées à des traducteurs et à des éditeurs, si ce n'était déjà en route quelque part...
Pour les autres catégories, je vous renvoie à l'ensemble des sélections dans Publishers Weekly.

Emmanuel Dongala casse des cailloux au bord du fleuve

Huit ans après son précédent roman, le remarqué et remarquable Johnny chien méchant – qui a donné le film Johnny Mad Dog –, Emmanuel Dongala a fourni une nouvelle raison de s’enthousiasmer : Photo de groupe au bord du fleuve, livre de lutte, livre de femmes, livre chargé d’émotion, d’affection et de colère est, pour faire court, indispensable.
Avec d’autres femmes, Méréana casse des rochers au bord du fleuve, pour vendre le gravier qu’elles obtiennent. Un aéroport international est en construction, le prix des matériaux a considérablement augmenté mais les sacs sont toujours achetés 10.000 francs CFA et il est de plus en plus difficile de manger. La révolte gronde. Ce sera désormais 20.000 francs ou rien, décident les casseuses de cailloux en espérant un peu moins. La discussion avec les acheteurs tourne à l’altercation, les forces de l’ordre interviennent, tirent. Une des femmes est gravement blessée, dans le coma. Ce n’est plus une révolte, c’est une révolution…
Alors commence la valse des autorités, carotte et bâton maniés par un député qui fut le mari de Méréana, par la ministre de la Femme et des Handicapés, par l’épouse du président qui ne veut pas voir gâchée la réunion de femmes de chefs d’États africains qu’elle organise.
Pendant qu’il met en place des rapports de force où le pouvoir politique joue la partie avec ses règles que ne connaissent pas les femmes du fleuve, Emmanuel Dongala nous présente chacune d’entre elles par le biais des histoires qu’elles ont confiées à Méréana. Celle-ci fait figure de personnage principal et de chef de file, bombardée porte-parole ou présidente, selon les moments. Mais aucune n’est anonyme. Le roman devient choral. Pas une voix n’est perdue dans la masse. Au contraire : c’est la plus inattendue des membres du groupe qui fera une déclaration à la presse.
Photo de groupe au bord du fleuve n’est pas un portrait figé. C’est une image qui bouge avec une énergie que rien ne peut contenir, ni la force, ni la corruption. Et c’est une très belle image.

mardi 9 octobre 2012

Les libraires n'ont rien contre les prix littéraires

Bien au contraire. Les prix font vendre, si, si, contrairement à une idée reçue. Et ils ont leur propre prix des Libraires, dont la première sélection vient d'être annoncée. Copieuse, la sélection: 26 titres, ceux qu'ils défendent chez eux, auprès de leurs clients. Et pas toujours, comme pourrait le laisser penser la caricature de libraire dont je croise parfois les arguments imparables par écran de télévision interposé, en disant que c'est "génial de chez génial!" (Si vous avez reconnu quelqu'un, c'est probablement lui, parce que j'espère quand même qu'il n'y en a pas deux ainsi.)
Une belle sélection, en tout cas, pleine de livres dont on parle ailleurs aussi, et de pas mal d'autres qui risquent d'être balayés par la vague des prix d'automne. Une salutaire piqûre de rappel, donc.

  • Olivier Adam, Les lisières (Flammarion)
  • Metin Arditi, Prince d’orchestre (Actes Sud)
  • Thierry Beinstingel, Ils désertent (Fayard)
  • Julia Deck, Viviane Elisabeth Fauville (Minuit)
  • Nathalie Démoulin, La grande bleue (Rouergue)
  • Patrick Deville, Peste et choléra (Seuil)
  • Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Québert (de Fallois/L'Age d'homme)
  • Lionel Duroy, L’hiver des hommes (Julliard)
  • Nicolas d’Estienne d’Orves, Les fidélités successives (Albin Michel)
  • Eric Faye, Devenir immortel et puis mourir (Corti)
  • Jérôme Ferrari, Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud)
  • Yannick Grannec, La déesse des petites victoires (Anne Carrière)
  • Cécile Guilbert, Réanimation (Grasset)
  • Thierry Hesse, L’inconscience (L’Olivier)
  • Fabrice Humbert, Avant la chute (Le Passage)
  • Serge Joncour, L’amour sans le faire (Flammarion)
  • Fabienne Juhel, Les oubliés de la lande (Editions du Rouergue)
  • Marie-Hélène Lafon, Les pays (Buchet-Chastel)
  • Sébastien Lapaque, La convergence des alizés (Actes Sud)
  • Mathieu Larnaudie, Acharnement (Actes Sud)
  • Douna Loup, Les lignes de ta paume (Mercure de France)
  • Catherine Mavrikakis, Les derniers jours de Smokey Nelson (Sabine Wespieser)
  • Hubert Mingarelli, Un repas en hiver (Stock)
  • Derek Munn, Mon cri de Tarzan (Leo Scheer)
  • Makenzy Orcel, Les Immortelles (Zulma)
  • Joy Sorman, Comme une bête (Gallimard)

Grand nettoyage d'automne au prix Médicis

Le jury Médicis se réunissait hier soir, il semble qu'on ait du du mal à s'éveiller ce matin... Je les comprends, il y avait du travail puisque la sélection de romans français passe de 14 titres à 6 seulement, avec un statut particulier pour François Bon dont Autobiographie des objets glisse du rayon romans (où il n'était pas vraiment à sa place) vers celui des essais. Mais Patrick Deville est toujours là, malgré une polémique sur laquelle je reviendrai peut-être si j'en trouve le temps (à dire vrai, elle me paraît d'un intérêt très secondaire). Une troisième sélection sera communiquée le 30 octobre, avant la remise du prix le 6 novembre. Des prix, fallait-il écrire, puisque le roman étranger (où apparaît Rushdie, dont Joseph Anton n'est pas un roman, mais peu importe) et l'essai seront aussi récompensés. Voici la deuxième sélection.

Romans français

  • Patrick Deville, Peste et choléra (Seuil)
  • Philippe Djian, "Oh..." (Gallimard)
  • Leslie Kaplan, Millefeuille (P.O.L.)
  • Emmanuelle Pireyre, Féerie générale (L'Olivier)
  • Patrick Roegiers, Le Bonheur des Belges (Grasset)
  • Abdellah Taïa, Infidèles (Seuil)

Romans étrangers

  • Margaux Fragoso, Tigre, tigre! (Flammarion) - Etats-Unis
  • Antonio Lobo Antunes, La Nébuleuse de l'insomnie (Bourgois) - Portugal
  • Salman Rushdie, Joseph Anton (Plon)
  • Ferdinand von Schirach, Coupables (Gallimard) - Allemagne
  • Juan Gabriel Vasquez, Le Bruit des choses qui tombent (Seuil) - Colombie
  • Avraham B. Yehoshua, Rétrospective (Grasset) - Israël

Essais

  • Ivan Alechine, Oldies (Galilée)
  • François Bon, Autobiographie des objets (Seuil)
  • Jean Clair, Hubris (Gallimard)
  • Rachel Polonsky, La Lanterne magique de Molotov (Denoël)
  • André Tubeuf, Dictionnaire amoureux de la musique (Plon)
  • David Van Reybrouck, Congo (Actes Sud)