Affichage des articles dont le libellé est Frédéric Beigbeder. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Frédéric Beigbeder. Afficher tous les articles

mardi 2 septembre 2014

Prix littéraires, on y est presque

Même pas le temps de souffler. Les vagues de la rentrée n'en ont pas encore fini de fluer que déjà les prix littéraires pointent le bout de leur bandeau rouge (ou vert, ou bleu).
Même l'AFP a inscrit, au calendrier du jour (le jour d'aujourd'hui, le 2 septembre, oui, oui), deux événements venus en droite ligne de la grande foire d'empoigne à laquelle se livrent des éditeurs que l'on retrouve, ensuite, dans un triste état - cravate de travers, lunettes brisées, veste à demi arrachée et main sur le cœur, quand le carnet de chèque est près du cœur. C'est donc que les choses sérieuses ont repris. On le prouve en rouvrant le document annuel consacré aux prix littéraires. Il sera, cela va de soi, mis à jour au fur et à mesure des informations reçues.

Aujourd'hui, le Prix du roman Fnac est donc au programme. Avec trois romans dans la sélection finale, dont deux publiés chez Zulma et un chez Autrement - des éditeurs qui n'ont pas trop l'habitude des récompenses de rentrée littéraire, même si Zulma a reçu ce prix en 2008 et, curiosité, avec Jean-Marie Blas de Roblès, à nouveau présent dans le dernier trio cette année. Cumulera-t-il? L'île du point Némo est en tout cas mon roman préféré dans la liste, avec une courte longueur d'avance sur le roman de Nickolas Butler - celui de Benjamin Wood aurait gagné, me semble-t-il, à être un peu plus serré, même s'il ne dépare pas la sélection. Mais ne comptez pas sur moi pour un pronostic, je ne vote pas. On en reparlera quand le résultat sera proclamé.
Autre nouvelle attendue dans la journée, la première sélection du Prix Renaudot, dans le jury duquel voisinent Frédéric Beigbeder et J.M.G. Le Clézio. Il se dit (pour Le Clézio, j'ai lu son article, pas celui de Beigbeder) qu'ils ont beaucoup aimé tous les deux le premier roman de Frederika Amalia Finkelstein, L'oubli. Ils ne l'oublieront probablement pas dans leur première sélection, destinée à être affinée les 7 et 28 octobre, avant la délibération finale du 5 novembre.
Jeudi, l'académie Goncourt fêtera ses retrouvailles après des vacances studieuses (espérons-le) pendant lesquelles Pierre Assouline a envoyé du lourd contre L'ego-péplum d'Emmanuel Carrère. Il ne votera pas pour Le Royaume, c'est certain. Mais d'autres académiciens, peut-être... Et les mystères de cette sélection initiale seront donc levés dans deux jours.
Inutile de dire que je vous reparlerai de tout cela - et du reste.

mercredi 8 février 2012

Peut-être Yann Moix n'aime-t-il pas lire...

Yann Moix se fait encore remarquer. Il adore ça. Et pratique volontiers l'excès pour être certain de s'offrir un bref moment de gloire. Après Frédéric Beigbeder, il s'en prend lui aussi au livre électronique dans un article de La Règle du jeu: L'orgie numérique ou comment et pourquoi détester l'e-book, en se basant sur quelques affirmations péremptoires. Du genre, dès les premières phrases: "L’e-book s’arrache et on sait bien pourquoi : c’est le livre qu’il s’agissait de tuer. Le livre fait peur: il intimide. Il s’agissait d’avoir sa peau. C’est pratiquement fait." 
Nous ne sommes pas dans la nuance. Argumentation (je simplifie à peine, car il est difficile de faire plus simpliste que Yann Moix): télécharger l'intégrale de Balzac ou de Proust, c'est se donner une bonne raison de ne pas lire les livres. "Le but du jeu est d’enterrer à jamais les œuvres par le seul fait de les posséder toutes. Posséder tout Balzac revient à obtenir la permission de ne jamais avoir à en lire une ligne."
Lire, voilà bien l'enjeu - et la seule chose sur laquelle Yann Moix ne se trompe pas. Mais quelle importance si on lit sur papier bible ou recyclé, mat ou brillant, blanc ou crème? Ou (attention, la proposition suivante va faire mal, très mal!) sur écran? N'en déplaise à MM. Beigbeder et Moix, la démarche est la même, motivée par le seul plaisir de lire - je n'entre pas ici dans le débat qui consiste à décider si le livre numérique peut être l'exacte reproduction d'une édition papier ou doit bénéficier, par l'apport de musique ou d'hyperliens, des possibilités de la machine.
Hier, j'ai lu sur écran le roman d’Élise Fontenaille, Les disparues de Vancouver, réédité aujourd'hui en poche, et celui de Daniel Pennac, Journal d'un corps, qui paraît demain. Je m'apprête à (re)lire sur papier Le froid, de Thomas Bernhard, probablement photographié à partir de l'édition originale plutôt que repassé par la phase composition, car la typographie est tremblée et presque baveuse. Je n'ai pas le choix de la police de caractères, ni de sa taille. Tandis que, celle dans laquelle se présentait le livre d’Élise Fontenaille ne me convenant pas, je l'ai modifiée en cinq secondes et deux manipulations.

Le premier qui voudrait me convaincre d'une lecture moins attentive, moins fine ou je ne sais quoi, des deux premiers ouvrages cités peut proposer toutes les explications qu'il veut, je ne le suivrai pas dans son raisonnement.
(Au passage, et à l'attention d'un lecteur qui ne fréquente d'ailleurs peut-être même pas ce blog, mais dont une remarque m'avait un peu énervé, je note que cela me fait, hier, environ 540 pages de lecture, sans précipitation ni sentiment de gavage.)
Plutôt que les anathèmes lancés contre l'e-book avec une foi aveugle dans le livre papier, je préfère la nuance romanesque introduite, à propos de livres numériques, par Paul Fournel dans La liseuse. Où un éditeur tout ce qu'il y a de plus traditionnel, bousculé par une stagiaire dynamique, découvre avec un peu d'appréhension les possibilités offertes par une liseuse de 730 grammes dans laquelle sont rangés tous les manuscrits qu'il doit lire. Certes, il finira par revenir aux bons vieux volumes de papier, mais du moins a-t-il fait, dans l'intervalle, une expérience enrichissante. (J'ai lu le roman de Paul Fournel sur écran, faut-il le préciser?)

mardi 20 septembre 2011

L'actualité littéraire (32) - La guerre des supports rend-elle bête?

Il y avait la guerre des boutons, celle de Louis Pergaud dont quelques personnes se souviennent (le texte est disponible dans une foultitude de collections papier et en livre électronique), celle d'Yves Robert dont tout le monde se souvient, il y a maintenant la guerre de la guerre des boutons, à cause de deux films qui seront très vite oubliés, mais dont on parle beaucoup.
Est-ce l'atmosphère belliqueuse créée par la double adaptation? (J'en doute, et je doute que vous le pensiez, mais s'il me fait plaisir de l'avancer, hein?) Toujours est-il qu'une autre guerre, qui m'amuse beaucoup moins, semble déclarée.
Face à face, deux intégristes du support digne de la lecture.

Frédéric Beigbeder fait beaucoup parler, quand il n'en parle pas lui-même, de Premier bilan après l'apocalypse, interdit aux habitués de l'écran à qui l'auteur promet sa main dans la gueule (l'expression est de lui, je ne me serais pas permis) s'il surprend un de ces voyous (l'expression est de moi) à lire son livre dématérialisé. Il avait le choix entre la colère et la peur, il a choisi la colère, par peur.
Peur de quoi?
Je vous laisse apprécier ses arguments: c'est le papier qui a permis au roman de naître et, sur écran, fini le roman. En revanche, explosion de la bêtise, fracture de l'imagination, épanchement de lieux communs, et tout ce que vous pourrez imaginer, qu'il résume en un mot: apocalypse. Now?
Le comble: Premier bilan après l'apocalypse est vendu aussi sous forme de livre électronique. On ne le lui a pas dit, au Frédo? En voilà encore un qui aura fauté contre ses principes à l'insu de son plein gré...

Face à lui se lève Laurent Margantin, qui annonce dans Œuvres ouvertes un Passage au 100% numérique en décidant de ne plus consacrer sa revue en ligne qu'à des ouvrages inscrits dans le courant novateur de l'édition numérique. "Passer au 100% numérique, c’est aussi alerter cette presse littéraire totalement assujettie à la logique commerciale des grands éditeurs, c’est leur signifier clairement qu’ils sont en train de se couper et de la création littéraire contemporaine – qui n’a plus lieu dans les revues papier, mais en ligne –, et des pays émergents dans leur nouveaux usages numériques. Ici, il ne sera donc question que de textes qui participent de cette réalité nouvelle, soit toutes les œuvres déjà numérisées du domaine public, les textes de littérature contemporaine édités seulement en numérique ou en même temps sur papier et en numérique, démarche amenée à se répandre."
Pour illustrer son propos, il affiche, en tête de page, l'illustration suivante, à travers laquelle il veut montrer, je suppose son mépris désormais définitif pour l'édition traditionnelle, ou dite telle.

En ce qui me concerne, je renvoie Frédéric Beigbeder et Laurent Margantin entre les murs de la prison qu'ils semblent tant chérir, chacun la sienne, bien sûr. Comment, mais comment ne voient-ils pas que toutes les manières d'éditer sont bonnes, qu'elles se complètent sans s'annuler, qu'elles s'adaptent aux auteurs bien plus que le contraire? (Je suis effondré quand je lis, ici ou là, des conseils aux jeunes écrivains: faites court, pensez à la capacité réduite de concentration du lecteur devant un écran, moi qui suis en train de lire sur écran - du moins, j'y retourne dès que j'ai terminé cette note - un roman de 640 pages, dont la couverture de l'édition papier se trouve d'ailleurs, par un malicieux hasard, biffée ci-dessus.)
Beigbeder semble rétrograde et Margantin, moderne?
Non. Ils sont tous les deux à côté de la plaque.

lundi 3 janvier 2011

L'année littéraire (1) - Gatsby, magnifique ou pas ?

Début d'année, bonnes résolutions...
Je vais essayer de vous faire vivre l'année littéraire à travers une revue de presse permanente, dans laquelle je compte bien glisser mon grain de sel quand j'aurai lu les livres dont il sera question - non, je ne suis pas du même avis que tous mes confrères.
On commence tout de suite.

L’année littéraire 2011 a commencé fin 2010, dans Le Figaro Magazine (31 décembre), sur un ton polémique. Forcément : l’article est signé Frédéric Beigbeder. À la nouvelle traduction française du roman de Francis Scott Fitzgerald, The Great Gatsby, il ne trouve que des défauts.
Il argumente: la première et la dernière phrase sont comparées dans le détail. La version de Julie Wolkenstein (chez P.O.L., parution le 5 janvier) est, c’est vrai, et dans les deux cas, faiblarde ou plutôt laborieuse, par rapport à celle qu’il cite. Au fait, laquelle cite-t-il? Victor Llona a été le premier traducteur de Gatsby le magnifique, dont Jacques Tournier a donné, déjà, une deuxième version plus tard. Sur ce point, Frédéric Beigbeder nous laisse un peu sur notre faim quand il écrit: «Nous avons avec ce roman des habitudes de vieux garçon, les textes de Jacques Tournier et Victor Llona nous rappelaient notre jeunesse». N’y avait-il pas de différences entre eux? Un point à creuser…
Au moins, sur le titre, Tournier n’avait rien changé à Llona. Tandis que Julie Wolkenstein se contente d’un sobre Gatsby dans lequel Frédéric Beigbeder voit «un crime de lèse-majesté intolérable». Proposant d’autres traductions de l’adjectif manquant, d’ailleurs plutôt moins bonnes que «le magnifique».
L’auteur de l’article aimerait bien avoir lancé avec celui-ci la première polémique de 2011: «Il me semble que je ne vais pas être le seul à pousser des cris d’orfraie analogues à ceux d’une «flapper» simulant un orgasme pour quelques colliers de chez Tiffany. Son exercice parfaitement vain (refaire un travail déjà fait, en moins bien) nous rappelle ce principe de base : pour être un bon traducteur, il faut d’abord être un bon écrivain.»

lundi 1 février 2010

Lire, écouter, voir: Zapculture, première

J'ai travaillé, plusieurs fois, à la radio. Mes premières expériences datent de 1975, déjà. Une quinzaine d'années plus tard, j'ai été chargé d'une chronique littéraire quotidienne sur la première chaîne de la RTBF. Je m'étais choisi un indicatif que j'ai repris en 2000 quand, à Antananarivo, j'ai animé pendant neuf mois une émission culturelle hebdomadaire. Et de nouveau pour l'année où j'ai réalisé Un quart culture, une "quotidienne" d'un quart d'heure, de septembre 2005 à août 2006.
Je ne vous raconte pas tout ça pour étaler ma vie mais pour expliquer que, parfois, la radio me manque. Je me suis donc remis à utiliser les sons, et voici le premier numéro de Zapculture. Une promenade culturelle, forcément culturelle, à travers diverses émissions et d'autres sources disponibles. Faute d'avoir bien compris comment "podcaster" cette nouvelle production sur le blog (oui, je suis parfois limité), vous devrez la télécharger pour l'écouter. Le lien est celui que je viens de donner - l'image fonctionne aussi comme lien.
Les séquences n'étant pas commentées mais simplement collées les unes derrière les autres (et séparées par une ponctuation musicale), je fournis ici le contenu de la première "émission", avec quelques commentaires.

00'00"-00'25" - Indicatif. Francis Poulenc, Sonate pour flûte et piano. Extrait du disque Poulenc, moine ou voyou? Mathieu Dufour, flûte. Eric Le Sage, piano.

00'25"-2'50" - Son de la bande annonce de Sherlock Holmes, film de Guy Ritchie, avec Robert Downey Jr et Jude Law.
On le comprend rien qu'au rythme sur lequel est réalisée cette bande annonce: il s'agit ici moins d'une adaptation classique des aventures de Sherlock Holmes que d'une transposition fortement tirée du côté de l'action. Holmes et Watson sont relativement jeunes et ont les moyens de faire parler aussi leur force physique, bien qu'ils aient parfois devant eux une sorte de brute monstrueuse, homme de main de Lord Blackwood - le vrai méchant de l'histoire.
La reconstitution de Londres au 19e siècle est splendide. Je vous conseille tout particulièrement la scène où, à la fin, Holmes et Blackwood se retrouvent face à face sur le Tower Bridge alors en construction. C'est spectaculaire à souhait. Les qualités de Sherlock Holmes comme détective faisant appel à la déduction ne sont pas pour autant oubliées.
Le film sort cette semaine à Paris et sera disponible le 9 juin en DVD.

02'50"-03'38" - Puisque le Festival d'Angoulême vient de se terminer, je note une fois encore que bien des journaux pour lesquels la bande dessinée est habituellement quantité négligeable se penchent tout à coup sur une production très abondante.
Exemple avec le cahier livres de Libération, où les journalistes ont réalisé, comme chaque année, un "Spécial BD". La conception de ce supplément nous est proposée dans un résumé sonore de la réunion de rédaction au cours de laquelle les sujets sont proposés et débattus.
Parmi les auteurs mis en évidence, Bastien Vivès a bénéficié d'un traitement privilégié.
La rubrique Sous les couvertures est hebdomadaire et l'article d'Eric Loret consacré à Bastien Vivès est disponible ici.

03'38"-04'40" - La disparition de J.D. Salinger a évidemment été évoquée dans de nombreuses émissions culturelles. Même dur Europe 1, dans On va s'gêner, qui ne mérite peut-être pas d'être rangée exactement dans cette catégorie. Je vous épargne le lancement du sujet, avec une question de... culture générale, comme on dit. Et, dans le brouhaha qui caractérise souvent le plateau rassemblé autour de Laurent Ruquier, je n'ai pas bien compris qui, ici, parle de Salinger. Mais la fin de l'extrait est faite pour appeler le début du suivant.

04'40"-05'59" - Frédéric Beigbeder, dans Tout arrive (France Culture), était interrogé par téléphone à propos du grand écrivain américain.

05'59"-07'26" - La révélation musicale de la semaine semble être une jeune chanteuse anglaise, Florence Rawlings, qui sort son premier disque, A Fool in Love. Michel Cohen-Solal, chroniqueur dans l'émission Laissez-vous tenter (RTL), donne l'impression d'en être tombé amoureux. Et, comme la qualité sonore de cet extrait est assez moyenne, j'ai eu la chance d'écouter une autre émission où elle était, cette fois, physiquement présente.

07'26"-11'13" - Dans Le rendez-vous (France Culture), Florence Rawlings interprète même une chanson, et le son est aussi bon que la musique.

11'13"-11'24" - Indicatif de fin. Ce sera tout pour aujourd'hui.

lundi 2 novembre 2009

Le prix Goncourt à Marie Ndiaye


Elle l'a obtenu dès le premier tour de scrutin, par cinq voix contre deux à Jean-Philippe Toussaint (La vérité sur Marie, Minuit) et une à Delphine de Vigan (Les heures souterraines, JC Lattès) .
Je vous avais parlé de son roman.

Quant aux prix Renaudot , qui sont trois cette année, les voici:
Un mot du roman de Hubert Haddad, que j'ai lu à sa parution en poche - ce qui justifie l'existence de ce nouveaux prix.
Hubert Haddad évite toute théorie. Mais place un homme entre deux feux. Soldat israélien, Cham devient Nessim, terroriste palestinien. Les circonstances ont décidé pour lui. Le romancier donne à voir la violence au quotidien. Fait entendre les explosions, les cris, les pleurs. Tout un pan de l’humanité semble avoir perdu la raison dans une implacable logique d’affrontement. Suffira-t-il de quelques justes pour rétablir un semblant de paix? Cette histoire ne le dit pas encore.

mardi 18 août 2009

Frédéric Beigbeder, un fait divers à lui tout seul

Le voici, le voilà! LE roman de la rentrée. Ou plutôt celui dont on a parlé le plus avant même sa sortie. Il y a eu, à propos d'Un roman français, le "pitch" (pardon, je sais, c'est un gros mot), ou presque. Une phrase choc, en tout cas, qui vient très vite, dans les premières pages: «Je venais d’apprendre que mon frère était promu chevalier de la Légion d’honneur, quand ma garde à vue commença.»
Comme on dit, ça le fait, non?
Ce qui l'a "fait" encore mieux - et, là, impossible de ne pas se souvenir du passé publicitaire de l'auteur -, c'est l'histoire de ce passage virulent (et le mot est faible, j'ai lu le passage) consacré au procureur qui a mis Beigbeder en garde à vue, ou l'a prolongée. Quelques pages qui ont été sucrées dans l'édition définitive et remplacées par des lignes anodines. Mais on en a beaucoup parlé, et c'était l'essentiel.
Bon. De quoi est-il question au fond? D'un jeune homme plus si jeune, arrêté pour avoir consommé une substance interdite en rue, et qui passe un peu de temps dans l'enfer des geôles françaises. Parce qu'il est connu, et qu'on veut se payer une star. Pensez donc comme c'est dur. Et puis, pendant le temps de la détention, les souvenirs qui reviennent à celui qui se sentait auparavant amnésique. Une bénédiction au fond?
Mais Beigbeder ne peut s’empêcher de prendre la pose, de présenter son plus mauvais profil, de se fustiger en moins-que-rien qui voudrait tout. Il y a quelqu’un qui a fait cela toute sa vie, et très bien. Il s’appelle François Nourissier – il me semble que Beigbeder a écrit quelque part son admiration pour Nourissier. Sans se rendre compte que la comparaison, si cela veut dire quelque chose, était très clairement à son désavantage. D’un côté (Nourissier), le constat presque clinique d’un homme qui ne s’aime pas. De l’autre (Beigbeder), des allures de faux jeton qui cherche la lumière – et se retrouve, quel paradoxe, à l’ombre.
Un roman français, un livre dont on peut se passer, sans aucun doute. Quelles que soient les louanges qu'on lui prépare (puisque la rumeur veut que ce soit son meilleur livre - allez comprendre).