mercredi 18 octobre 2017

La mort d'Hervé Prudon

Hervé Prudon est mort et ça ne lui va pas. Ça ne me plaît pas davantage mais, mon avis, tout le monde s'en moque - demandez à Jean-Patrick Manchette, romancier noir de sa génération bien plus tôt en allé...
Je l'avais lu bien avant d'écrire des articles ici ou là. Quand j'ai écrit des articles, j'ai continué à le lire. Il en reste ceci, que je dresse devant vous pour qu'on se souvienne de la sincérité parfois brutale de l'écrivain qu'il était.

Hervé Prudon est surtout connu comme auteur de polars, parmi lesquels Tarzan malade fait figure de référence. Il a aussi écrit d’autres livres qui, pour certains, donnent de lui une autre image. La femme du chercheur d’or, qui vient de paraître, n’a par exemple rien d’un polar. L’auteur, piètre Tarzan mais quand même malade, s’y met en scène dans une quête plus ou moins journalistique (plutôt moins que plus) des derniers orpailleurs de France.
Disons-le tout net, puisqu’il ne s’en cache pas, l’or en soi ne l’intéresse guère et le choix de ce sujet ne s’est imposé à lui que pour des raisons très privées : « J’ai épousé la fille d’un chercheur d’or, dont le livre paru il y a vingt ans a relancé l’orpaillage en France. Jean-Claude Le Faucheur est mort depuis. » La curiosité de Prudon ne s’est pas éteinte : « Je me suis demandé s’il restait des chercheurs d’or en France. Si j’avais épousé la fille d’un druide, j’aurais cherché des druides. »
Sans enthousiasme excessif, comme pour remplir un devoir familial, le voici donc paresseusement en route vers le Gard où il doit retrouver Janine, la deuxième femme de son beau-père. Après quelques détours autant géographiques qu’intérieurs, il arrive à pied-d’œuvre pour découvrir les motivations des chercheurs d’or. Ceux-ci ne rêvent plus guère de vivre grâce au produit de leurs tamisages. Une technique sophistiquée, et plus industrielle que l’image traditionnelle des pieds dans l’eau, de filtrage de sable avec des tapis, donne une meilleure récolte que dans les rivières. Encore n’est-ce pas vraiment suffisant pour constituer des revenus confortables. Les paillettes d’or sont donc recyclées en bijoux fantaisie, voire redistribuées dans les endroits où se tiennent des stages d’orpailleurs. Car, le mythe de l’or étant une des choses les mieux partagées au monde, le produit de sa quête est moins rentable que l’organisation du rêve…
Cette découverte, et quelques autres, procureraient sans doute bien des désillusions à un auteur qui serait parti la foi chevillée au corps. Hervé Prudon, lui, s’en moque. Il se contente de nous livrer, en chapitres brefs, les fruits de son voyage, de noter que tout le monde, ou presque, est bouddhiste ou a l’air de l’être, roule ses cigarettes, picole sec, vit dans un monde à côté du monde, sans y accorder d’importance. Sauf Janine, la gagnante, celle qui a gardé les pieds sur terre et reste peut-être le dernier vrai chercheur d’or, mais si peu dans les rivières…
Et puis, Prudon parle de lui autant que des autres, insuffle à son écriture une ironie vivifiante, et on partage avec un vif plaisir l’histoire de son enquête sans objet véritable.

J’ai 3 ans et pas toi (1999), Ouarzazate et mourir (réédition, 1999)
Hervé Prudon est d’abord connu comme auteur de roman noir, l’actualité éditoriale, nous y reviendrons, nous le rappelle d’ailleurs. Mais sa production la plus abondante reste, au jour d’aujourd’hui, celle de livres signés par d’autres. « Plusieurs occasions ont fait le larron, et j’ai été nègre, il y a une dizaine d’années, dans le genre autobiographique, parfois pour des personnes qui n’avaient rien à dire ni écrire », reconnaît-il dans sa préface. Alors, pour une fois, il fait le nègre pour une noble cause : écrire les Mémoires de Juliette, trois ans et qui n’en a pas, de mémoire.
Le livre est un curieux monologue à deux voix. Comme dans tous les souvenirs écrits par un nègre qui respecte son travail, il est écrit à la première personne. Mais, dans un habile jeu entre celle qui est censée parler et celui qui rédige sans que l’aide la première, il y a parfois des moments de révolte chez le personnage. Quand le nègre a tendance à tomber dans le jeu de mots, un de ses péchés mignons, par exemple. Et Papa, quelquefois, est saoul, ou il est triste… Allez comprendre cela, vous ! Forcément, quand on part du postulat : je ne me souviens de rien, alors je vais vite tout raconter avant d’oublier, comment voulez-vous que cela ne tourne pas à la fantaisie ?
J’ai 3 ans et pas toi. Na ! a-t-on envie d’ajouter, parce que le livre est plein de pieds de nez, d’histoires d’enfant pour lesquelles Hervé Prudon a sans doute dû puiser dans son antémémoire, et beaucoup observer. Il y a même des choses très graves, aux yeux d’un enfant de trois ans – trente-six mois plus neuf, pour être précis. Heureusement Léopold, le grand frère, est là pour remettre les choses en place, Léopold dit c’est pas grave alors c’est pas grave. D’ailleurs, c’est pas gravé dans la mémoire. C’est pire, petite Juliette : c’est écrit dans ton autobiographie non autorisée…
Est-ce pour le contraste ? On réédite Ouarzazate et mourir, soit le Poulpe en version Prudon. Le héros croit perdre Cheryl, sa coiffeuse bien-aimée, et manque en perdre la tête, jusqu’à devenir cynique et tourner presque tueur. Il voit Ouarzazate, mais ne meurt pas, bien sûr. Prudon ne pouvait pas faire ça aux auteurs qui avaient encore leurs aventures du Poulpe à écrire. Le personnage est terriblement désenchanté. Ailleurs, il n’est pas toujours joyeux-joyeux. Ici, il est franchement sinistre. Cela lui va bien, lui donne une certaine élégance à la Mamounia de Marrakech. Mais, rien à faire, il ne digère pas la mort de son vieil ami Tchang qui était devenu clochard et qu’on a retrouvé dans une chambre d’hôtel où il s’était envoyé en l’air, avec deux filles d’abord puis avec un revolver…
Il supporte encore moins sans doute ce qu’est devenu Leo, le troisième de la bande. C’était dans une autre vie, semble-t-il. Le Poulpe doit en posséder davantage qu’un chat. Celle-ci n’est pas la moins intéressante.

Banquise (réédition, 2009)
Hervé Prudon à ses débuts, avec son troisième roman publié en 1980. Un implacable rouleau de malheur qui compresse tout sur son passage dans la banlieue de Sainte-Mouise-sur-Dèche. Une écriture qui tourbillonne, virevolte, se brise, comme une danse désespérée. Des personnages au bord d’eux-mêmes, prêt à s’expulser de leur vie. Ou à en expulser d’autres, si besoin. Banquise est un festival de noirceur emballé sur un rythme délirant. Jean-Patrick Manchette avait aimé. Nous aussi.

Prix Femina, on précise les choix

Cinq romans français, cinq étrangers, sept essais - c'est dans cette dernière catégorie qu'il est donc le plus difficile de retrancher des noms aux sélections précédentes, et cela promet de belles discussions à l'intérieur du jury pour le Prix Femina du 8 novembre.
Une particularité frappe dans la sélection des romans français: Alice Zeniter, qui était dans la première sélection avec L'art de perdre, avait disparu dans la deuxième, est de retour. Quant à savoir si cela signifie qu'elle est défendue avec force par assez de jurées pour l'emporter, ou au contraire qu'elle est violemment contestée et n'aurait donc aucune chance, c'est une autre affaire, dont je vous laisse juges...
Mon titre préféré, parmi les trois que j'ai lus, est Sucre noir, ce qui n'ajoute rien en faveur de Miguel Bonnefoy. Mon dernier choix est Bakhita, parce que le roman de Véronique Olmi m'est tombé des mains avant d'en avoir atteint la moitié. (Il fait donc partie des livres que je n'ai pas lus - l'autre, de Philippe Jaenada, continue à me tenter...)
Côté traductions et essais, je n'ai rien à ajouter aux listes que voici.

Romans français
  • Jean-Baptiste Andrea. Ma reine (L'Iconoclaste)
  • Miguel Bonnefoy. Sucre noir (Rivages)
  • Philippe Jaenada. La serpe (Julliard)
  • Véronique Olmi. Bakhita (Albin Michel)
  • Alice Zeniter. L'art de perdre (Flammarion) de retour
Romans étrangers
  • Britt Bennett. Le coeur battant de nos mères (Autrement)
  • Paolo Cognetti. Les huit montagnes (Stock)
  • Anna Hope. La salle de bal (Gallimard)
  • Juan Gabriel Vasquez. Le corps des ruines (Seuil) pas présent dans la 1ère sélection
  • John Edgar Wideman. Ecrire pour sauver une vie, le dossier Louis Till (Gallimard)
Essais
  • Anne et Claire Berest. Gabriële (Stock)
  • Gérard Bonal. Des Américaines à Paris, 1850-1920 (Tallandier)
  • Jean-Luc Coatelem. Mes pas vont ailleurs (Stock)
  • Marie-Hélène Fraïssé. L’Eldorado polaire de Martin Frobischer (Albin Michel)
  • Françoise Héritier. Au gré des jours (Odile Jacob)
  • Henri Leclerc. La parole et l’action (Fayard)
  • Michel Winock. Décadence fin de siècle (Gallimard)

mardi 17 octobre 2017

14-18, Albert Londres : «Dunkerque est de toutes les fantaisies ennemies. »

Dunkerque héroïque

(De l’envoyé spécial du Petit Journal.)
Dunkerque, 12 octobre.
Par un sans-fil, les Allemands annonçaient au monde :
« Dunkerque n’est plus, notre dernier raid d’avions alluma un incendie à chaque coin de la ville qui flambe depuis deux jours. »
Le Journal de Genève reproduisit la nouvelle. Elle est fausse. Mais si vous voulez voir une eau-forte formidable, débarquez de nuit dans la cité de Jean Bart. Sous une obscurité totale, la ville entière essaye de ne pas surgir. Pas une pointe de lumière, pas un passant, pas un bruit. Son beffroi massif, parce qu’il ne le peut pas, a seul l’air de ne pas être accroupi. Elle abrite quarante mille âmes et elle est muette comme une pierre tombale. Et cela, à sept heures du soir, non à minuit. Tout meurt chez elle avec le dernier feu du jour.

Nos villes martyres

Nous avons en France trois sortes de villes, nos villes sur nos lignes et déjà tuées : Reims, Arras, Verdun ; nos villes proches du front et martyrisées : Bar-le-Duc, Châlons, Dunkerque, et nos villes de l’intérieur qui ignorent les transes. Ces dernières tiennent en pitié les premières ; Reims, Arras, Verdun, par leur grande mort, ont gagné de vivre dans la pensée. Ce n’est donc pas celles-là qu’aujourd’hui je signalerai aux cités tranquilles. Ce sont les secondes, ce sont leurs sœurs qui, près du Boche qui vient les flageller quand il pense, sont comme ficelées à un poteau. Parmi elles, Dunkerque est en tête. Dunkerque est de toutes les fantaisies ennemies. Une grosse pièce à quarante-trois kilomètres lui lâche du 380 sur ses monuments, des croiseurs, dont les équipages ne s’étaient pas encore révoltés, attirés par ses côtes, lui réservèrent quelques-uns de leurs échantillons, mais c’est encore les avions qui la préfèrent. Elle encaisse par terre, par mer et par ciel.
Septembre dernier fut dur pour elle.
Les gothas n’ont que trente kilomètres à couvrir pour la torturer. C’est le bombardement en pantoufles. Tranquilles, ils viennent par mer. La proie est si près de leurs hangars que souvent « ils remettent ça ». Quand la nuit leur semble heureuse, ils font la navette. Ils varient la mort qu’ils lancent…

Une cité sans vitres

Dunkerque vit là-dessous. Voyons comment. Ses carreaux sont brisés. On ne les remplace pas, ils seraient destinés à sauter une nuit prochaine. Quand on le fait c’est par des planches. L’inconvénient c’est qu’on n’a pas encore trouvé le bois transparent. Rien ne sépare plus les étalages de la rue ; non seulement, en passant, vous pouvez voir les chapeaux, les chaussures, mais vous pouvez juger de la qualité en touchant. Le restaurateur, le coiffeur vous serviront en plein air. Toutes les façades des maisons et l’église et le beffroi seront aspergés d’éclats. L’église et le beffroi doivent leurs blessures à une auto qui s’enflamma. Le Boche crut qu’il avait mis dans le mille et s’acharna sur l’incendie. Ce n’était qu’une voiture, les habitants sont trempés. Sous l’exemple de Terquem, leur maire, ils ne s’affolent pas. Ils préfèrent évidemment les jours de pluie et de vent, ils savent qu’alors ils ne seront pas réveillés, mais quand il fait beau, tant pis !

La sirène dans l’ombre

Dans les appartements, un épais voile noir recouvre les ampoules électriques. La lumière ne doit plus se répandre, elle n’est tolérée à l’intérieur qu’autant qu’elle ne fera qu’un petit rond sur le plancher. Vous mangerez et travaillerez dans ce rond. Et si vous êtes un des hommes heureux pour qui le sommeil est facile, vous vous endormirez. Mais vous ne mènerez pas votre bonheur jusqu’au matin. En pleine nuit, il sera coupé. Des beuglements sinistres vous en tireront : la sirène. Ceux qui attendent ce signal pour habiter les caves se lèveront ; les autres attendront, essayeront de redormir, un nouveau beuglement les en empêchera. Il sera par exemple trois heures. Dans son lit, on attendra. Est-ce que la maison va se fendre par le trois quarts ? Est-ce que le toit va s’écraser sur vous ? La sirène beuglera toujours. Rien pourtant n’arrivera. C’étaient des gothas qui revenaient d’Angleterre – à vide.
Ce qui compense c’est de penser qu’en Bochie, il est des villes aussi où les carreaux sont cassés, où les restaurants sont en plein air, où les gens sont dans les caves, où tout est noir, où beugle la sirène. Tuile pour tuile, ardoise pour ardoise.

Le Petit Journal, 17 octobre 1917.

Aux Editions de la Bibliothèque malgache, la collection Bibliothèque 1914-1918, qui accueillera le moment venu les articles d'Albert Londres sur la Grande Guerre, rassemble des textes de cette période. 21 titres sont parus, dont voici les couvertures des plus récents:

Dans la même collection

Jean Giraudoux
Lectures pour une ombre
Edith Wharton
Voyages au front de Dunkerque à Belfort
Georges Ohnet
Journal d’un bourgeois de Paris pendant la guerre de 1914. Intégrale
ou tous les fascicules (de 1 à 17) en autant de volumes
Isabelle Rimbaud
Dans les remous de la bataille

lundi 16 octobre 2017

14-18, Albert Londres : «La jeunesse française aura toujours du panache.»



Dix bombes lâchées de nouveau sur Essen
Le récit du « Vengeur »

(De l’envoyé spécial du Petit Journal.)
Épernay, 15 octobre.
Nos villes du front que les avions boches viennent martyriser ont trouvé de beaux vengeurs. Francfort, Trèves, Stuttgart ont payé pour elles, cela on le sait. Ce que l’on ignorait encore aujourd’hui, c’est qu’Essen, une seconde fois, a payé aussi.
C’est une lettre de l’aviateur qui nous l’apprend. L’aviateur, forcé d’atterrir en Suisse, est interné dans ce pays. Parti avec ses camarades pour bombarder Francfort, il a trouvé chemin faisant que le temps était beau et, de lui-même, s’est confié la mission de pousser jusqu’à Essen. La jeunesse française aura toujours du panache. Laissons-le parler lui-même. Nous ne pourrions rien ajouter qui soit plus émouvant que son récit.
Voici la lettre que, de son exil, il vient d’adresser à son chef d’escadrille :

10 bombes lâchées

« J’étais parti de Nancy à 8 h. 45 avec … Pour l’aller, la route fut facile à suivre. Je passais par Thionville à 10 heures. À 10 h. 35, je voyais le Rhin, enfin, à 11 h. 40, je lâchais mes dix bombes sur Essen. J’étais à 3 000 mètres.
» Pour mon retour, la brume m’a gêné. N’ayant pu revoir le Rhin, alors je me suis décidé à marcher sud-ouest constamment pendant quatre heures, espérant me retrouver en France et atterrir au clair de lune, si je ne voyais pas Nancy. Je m’étais cependant méfié du vent annoncé sud-ouest ; je n’ose croire que ma boussole m’ait donné une fausse indication. À 3 h. 45, j’ai voulu atterrir. Je suis descendu à 500 mètres. Là, j’ai été pris par trois projecteurs et tiré par les canons antiaériens. Je me demande comment je n’ai pas été descendu ; je voyais les éclatements et mon avion bondissait dans les remous.

Atterrissage mouvementé

» Je suis remonté à 1 800 mètres, fuyant d’ouest-sud-ouest pendant quarante-cinq minutes. Voyant les montagnes, je me croyais dans les Vosges, région Altkirch. Après ces quarante-cinq minutes, mon moteur ayant quelques ratés, je me suis décidé à atterrir, me croyant en France. La brume de la vallée me gênait et je ne pouvais apprécier la distance. J’ai accroché un arbre ; perte de vitesse, capotage. L’appareil flambe, mais je m’en sors indemne. Je me dirige sur les lumières ; je vois une enseigne écrite en allemand, je me crois perdu. Il était cinq heures du matin. Je vois un paysan. Je lui demande : « France ou Alsace ? » – « Suisse ! » me répondit-il. J’avais atterri à quatre kilomètres des Boches. Je suis dans l’hôtel où était Gilbert ».
Ajoutons que, comme le Petit Journal l’a dit, ce vaillant aviateur est le sergent Luc Jardin.
Voilà un coup dont les Boches ne s’étaient pas vantés.

Le Petit Journal, 16 octobre 1917.

Aux Editions de la Bibliothèque malgache, la collection Bibliothèque 1914-1918, qui accueillera le moment venu les articles d'Albert Londres sur la Grande Guerre, rassemble des textes de cette période. 21 titres sont parus, dont voici les couvertures des plus récents:

Dans la même collection

Jean Giraudoux
Lectures pour une ombre
Edith Wharton
Voyages au front de Dunkerque à Belfort
Georges Ohnet
Journal d’un bourgeois de Paris pendant la guerre de 1914. Intégrale
ou tous les fascicules (de 1 à 17) en autant de volumes
Isabelle Rimbaud
Dans les remous de la bataille

samedi 14 octobre 2017

Un pelotari médecin et la leçon du père

Cinq ans après Le cas Sneijder, Jean-Paul Dubois nous faisait, l’an dernier partager, de 1983 à 1987, la vie d’un pelotari professionnel, un joueur de pelote basque si le mot ne vous est pas familier, en Floride. Du moins, c’est ce qu’on croit pendant une bonne partie de La succession, réédité au format de poche sous un titre qui ne se justifierait pas s’il n’était question que de ce premier sujet.
Restons-y un peu, puisque cela nous occupe pendant un certain temps. Paul Katrakilis, qui a fait des études de médecine, n’a jamais eu d’autre ambition que d’être un pelotari, au risque d’être exploité par des réseaux pas très nets pour lesquels les paris sont plus importants que le jeu, et les joueurs, moins valorisés que des ouvriers peu payés. Le plaisir de maîtriser son souffle, son corps dans l’effort, celui de renvoyer la pelote sur les murs en compagnie de ses semblables, dont certains sont devenus des amis, tout cela vaut bien des crises en cas de revendication salariale.
Pourquoi pas ? Cette histoire en vaut une autre, la vie de Paul à Miami méritait bien un roman. Les retours vers le passé de sa famille auraient pu en nourrir un deuxième tant il y a eu d’événements autour du grand-père, Spyridon, qui fut le médecin de Staline et a emporté, en fuyant Moscou, une partie du cerveau dictatorial. La mère de Paul, Anna, qui formait un couple davantage avec son frère Jules qu’avec son mari Adrian, les ambiguïtés entre eux, les malheurs qui s’abattirent sur ces personnages, fournissent des interrogations sur le sens de leurs vies, et de quoi retenir l’attention du lecteur. De quoi lui faire comprendre, aussi, pourquoi Paul a préféré échapper à une atmosphère malsaine.
La mort du père de Paul ramène celui-ci en France pour liquider non seulement l’héritage mais aussi et surtout un passé dont il peut croire qu’il sera enfin oublié après l’inhumation. Mais le romancier a tiré de nombreux fils et, au bout de la pelote, deux carnets noirs surgissent pour tout remettre en question.
Nous ne dirons pas de quoi il est précisément question dans les carnets noirs où Adrian notait quelques-uns de ses actes médicaux, mais cela remet en question tout ce que Paul avait pensé faire de sa vie. La succession est, au final, un titre mieux que justifié, nécessaire. Il n’y avait pas que de la légèreté dans les mouvements d’un pelotari marqué par ses racines fragiles et complexes. Mais il y a une vraie intensité à partir du moment où le roman bascule, plaçant Paul face à des décisions liées à l’exercice de la médecine, quand il a accepté l’idée de reprendre le cabinet de son père, et des décisions aussi éloignées que possible de ses principes de base. La succession est un roman qui, dans un sombre ravissement, nous entraîne vers les abysses.

vendredi 13 octobre 2017

Une rivière célèbre comme une épidémie

Les fleuves et les rivières dessinent dans l’esprit de chacun une géographie personnelle. Elle est formée par la mémoire collective, l’histoire des civilisations, les voyages accomplis ou rêvés. Ou par le glissement sémantique qui a fourni un sens inédit à leur nom. Le premier cours d’eau à faire son apparition dans le nouveau roman de Paule Constant est le fleuve Madulé dont une caractéristique est d’abriter, sur ses rives, la moitié des derniers locuteurs du boutoul, une langue parlée par cent personnes. Le Madulé n’évoque rien de particulier, sinon peut-être pour les spécialistes de cette région du Congo. En revanche, le nom d’un de ses affluents, deux lignes plus loin, prend des allures de fin du monde : Ebola. Voilà qui parle dans l’effroi d’une épidémie de fièvre hémorragique dont cette partie de l’Afrique tentait encore, il y a peu, d’effacer les traces du dernier et virulent épisode en date.
Le titre du roman prend, d’un coup, une signification plus complexe que la simple rencontre entre les animaux et nous. Des chauves-souris, des singes et des hommes, cela résume le possible mode de transmission de la maladie. Sans résumer le livre, très éloigné du documentaire. Paule Constant plonge, comme elle l’a fait souvent, dans un continent dont elle perçoit et transmet les vibrations profondes, les ancrages lointains, le face à face parfois tragique avec le présent.
La romancière ne cède que quelques instants à la tentation d’expliquer, et après tout ce n’est pas inutile. La rencontre entre Agrippine et Virgile pose des éléments de compréhension à l’intention des ignorants que nous sommes. Agrippine a renoncé depuis longtemps au confort de l’exercice de la médecine en Europe et préfère se lancer dans des campagnes de vaccination au fond d’une brousse où personne ne va jamais. Virgile, sociologue et ethnologue, petit-fils d’un Médecin-Général colonial et rigide, étudie « le rapport entre les plantations d’hévéas et le réveil de maladies endémiques, par bouleversement de l’écosystème. » Leurs discussions ouvrent la voie théorique à ce qui arrive au même instant dans la forêt.
Olympe, fillette rejetée par les garçons du village, y a recueilli une chauve-souris trop petite pour faire une sauce, jouet vivant et porteur, elle l’ignore, d’une malédiction puisqu’il faut bien que les événements suivants trouvent leur articulation dans le symbole plutôt que dans les faits. Les faits sont simples : les garçons du village sont rentrés de la chasse avec la dépouille d’un grand singe, trophée digne de la manière dont ils racontent comment ils l’ont abattu. La viande de brousse en telle abondance, le bienfait est immense.
Mais les garçons n’ont peut-être pas tué le grand singe, d’une espèce qui plaît aux Blancs entreprenant un long voyage pour en apercevoir quelques exemples vivants. Il est probable qu’ils ont trouvé son cadavre et se sont contentés de le ramasser pour le ramener triomphalement sans s’inquiéter de savoir s’il n’était pas mort d’une maladie transmissible à l’homme. Ils ne participent pas aux débats entre Agrippine et Virgile…
Il n’y aura pas de bonne surprise : les décès se succèdent au village après le festin, la mort accompagne tous ceux qui sont passés par là, en commençant par les invités conviés avec générosité à partager ce don du ciel. Don empoisonné transformé, après le retour à Paris de Virgile porteur de tous les symptômes d’une fièvre hémorragique, en une maladie du nom d’Ebola. La rivière ne pouvait résister : là-bas, plus personne ne vit.

jeudi 12 octobre 2017

Quatre romans pour l'Académie française

Neuf romans dans la première sélection du Grand Prix du roman de l'Académie française, six éliminés, restent quatre dans la deuxième sélection communiquée aujourd'hui (le prix dans deux semaines exactement). Le compte n'est bon qu'en signalant l'arrivée du dernier ouvrage de Daniel Rondeau, qui n'avait pas été retenu précédemment. Comme d'autres jurys, celui-ci a éliminé François-Henri Désérable et Alice Zeniter, en même temps que Jean-Baptiste Andrea, Pauline Dreyfus, Michel Le Bris et Gaëlle Nohant. Ceux qui restent de la première liste sont Louis-Philippe Dalembert, Yannick Haenel et Julie Wolkenstein. Soit, si l'on récapitule:
  • Louis-Philippe Dalembert. Avant que les ombres s’effacent (Sabine Wespieser)
  • Yannick Haenel. Tiens ferme ta couronne (Gallimard)
  • Daniel Rondeau. Mécaniques du chaos (Grasset) nouveau
  • Julie Wolkenstein. Les vacances (P.O.L.)
Un peu plus tôt dans la journée, le jury du Prix de Flore avait aussi fait le ménage, enlevant quatre titres de sa première sélection pour en conserver cinq dans la seconde (prix le 8 novembre):
  • Pierre Ducrozet. L’invention des corps (Actes Sud)
  • David Dufresne. New Moon (Seuil)
  • Eva Ionesco. Innocence (Grasset)
  • Marion Vernoux, Mobile home (L’Olivier)
  • Zarca. Paname Underground (Goutte d’Or)

mercredi 11 octobre 2017

La deuxième sélection du Goncourt

De Francfort, où la Buchmesse est cette année très française - Françoise Nyssen devait, certes, avoir l'habitude de s'y rendre, Emmanuel Macron et l'académie Goncourt, moins -, nous vient la deuxième sélection Goncourt. Très attendue, faut-il le dire, et sans énorme surprise.
Kaouther Adimi, Patrick Deville, Brigitte Giraud, Philippe Jaenada, Marie-Hélène Lafon, Yves Ravey et Frédéric Verger, qui étaient dans la première liste, ont disparu. Ils sont encore huit, il ne devraient plus être que quatre le 30 octobre, pour la dernière sélection précédant la proclamation, le 6 novembre.
Je ne vous fais pas languir, voici ceux qui restent:
  • François-Henri Désérable. Un certain M. Piekielny (Gallimard)
  • Olivier Guez. La disparition de Josef Mengele (Grasset)
  • Yannick Haenel. Tiens ferme ta couronne (Gallimard)
  • Véronique Olmi. Bakhita (Albin Michel)
  • Alexis Ragougneau. Niels (Viviane Hamy)
  • Monica Sabolo. Summer (Lattès)
  • Eric Vuillard. L’ordre du jour (Actes Sud)
  • Alice Zeniter. L’art de perdre (Flammarion)

14-18, Albert Londres : «Ils ont accepté ce ciel d’eau et ces marécages.»



Sous la pluie, dans la boue

(De l’envoyé spécial du Petit Journal.)
Front français des Flandres, 10 octobre.
M. de Turenne a déclaré : « Pour faire la guerre dans les Flandres, il faut être fou. » M. de Turenne n’avait probablement pas dit toute sa pensée, sinon il aurait ajouté : « Il faut être fou ou sûr de soi. » Les Britanniques et les Français qui se battent à cette heure dans le pays flamand nous amènent à rectifier feu M. le maréchal. Aucune démence dans leurs décisions, simplement un jugement ferme, une volonté tenace.
Pourquoi M. de Turenne avait-il prononcé sa phrase ? Parce qu’il pleuvait sans cesse. Il pleut toujours. Le ciel et le terrain n’ont rien gagné avec les siècles. Impropres ils étaient aux marches des armées, impropres ils sont restés.
Quoique se plaignant déjà des désavantages de la contrée, M. de Turenne, vu de nos jours, n’était pas à plaindre. Que dirait-il alors, s’il était le général Anthoine ? Turenne n’avait besoin que de marcher, Anthoine, en plus, a besoin d’y voir, or, il n’y voit rien. Les avions ne peuvent pas ici fournir leur travail. Quand une journée par hasard est favorable, elle ne l’est guère que pendant deux heures. On s’en tire autrement. Par un autre moyen on règle l’artillerie, ce moyen, le général Anthoine le garde pour lui. Cet artilleur a son secret.

Le « Sorcier » et le « Météore »

Pluie, boue, froid, brume, voilà dans quoi sont les Alliés du Nord. Si, non contents d’y tenir, ils s’y battent, c’est qu’ils ont leurs raisons. Ils ont, d’ailleurs, accepté ce ciel d’eau et ces marécages. Leurs moyens, leur endurance sont calculés d’après le maximum de difficultés à subir. Ayant haussé leurs âmes, ils se sont installés dans cette terre inhabitable et l’habitent, comme s’il n’y en avait pas d’autre plus commode. La pluie, ailleurs, n’est pas prévue dans le programme des offensives, ici elle l’est. Dans chaque armée se trouve un homme de science qui prédit le temps ; dans l’armée française, il s’appelle le sorcier ; dans l’armée anglaise, le météore. Pour ne pas lui faire de peine, l’armée anglaise des Flandres, quoique sachant à quoi s’en tenir, continua à interroger son météore. Le météore, las d’avoir toujours pronostiqué le malheur, s’accrochait aux plus légers symptômes de beau temps, dès qu’il en apercevait un, il se précipitait au quartier général pour l’annoncer. Au début, nos alliés le crurent, ils tablèrent sur ce beau temps, mais quand il se produisait, il était si fugitif qu’ils convinrent qu’il ferait toujours mauvais.
Et malgré cela, depuis trois mois l’offensive continue. De périodes en périodes, les Franco-Anglais repoussent le Boche. Ils le délogent chaque fois d’une position heureuse choisie par lui. Bientôt nos alliés seront à Passchendaele, dernière défense naturelle de l’ennemi. Qu’arrivera-t-il à ce moment ?

Notre victoire s’accroît

Mais cela est de demain. Revenons au présent. Par trois fois hier, les Allemands ont contre-attaqué. Leur principal effort fut contre la ferme de la Victoire, la ferme nous resta, la victoire aussi. Elle fut même accrue. C’est du bois de Papegoed qu’ils partirent pour nous arracher leurs biens perdus, ils furent ramenés en arrière et, puisque, pour les ramener, les nôtres durent avancer, ils en profitèrent, puisqu’ils étaient là, pour prendre la ferme de ce bois. Toute l’affaire fut si vivement menée que, durant ces deux journées, les bataillons de première ligne seuls donnèrent. Le bélier défonce méthodiquement le mur ; le général Anthoine à travers sa sévérité est content.

Le Petit Journal, 11 octobre 1917.

Aux Editions de la Bibliothèque malgache, la collection Bibliothèque 1914-1918, qui accueillera le moment venu les articles d'Albert Londres sur la Grande Guerre, rassemble des textes de cette période. 21 titres sont parus, dont voici les couvertures des plus récents:

Dans la même collection

Jean Giraudoux
Lectures pour une ombre
Edith Wharton
Voyages au front de Dunkerque à Belfort
Georges Ohnet
Journal d’un bourgeois de Paris pendant la guerre de 1914. Intégrale
ou tous les fascicules (de 1 à 17) en autant de volumes
Isabelle Rimbaud
Dans les remous de la bataille

mardi 10 octobre 2017

14-18, Albert Londres : «Ils vainquirent les hommes et la boue.»



L’attaque française

(De l’envoyé spécial du Petit Journal.)
Front français des Flandres, 9 octobre.
Collaborant avec les Britanniques, des Français se battent dans les Flandres. Ils forment l’armée Anthoine. Elle attaqua ce matin et fut victorieuse.
Depuis trois mois, c’est la sixième pointe que, dans ce sol de boue, ils portent aux Allemands. Le 31 juillet, le 16 août, le 20 et le 26 septembre, le 4 octobre, sont les dates des cinq premières. La sixième est de cette aurore. Fidèle à son passé, l’ennemi recula.

Sous la pluie, dans le vent

Il était 5 h. 20. Toute la nuit le vent avait soufflé à pleine vitesse. Il avait plu aussi. Il pleuvait et il ventait d’ailleurs depuis de longs jours. Pour mener la guerre sous ce ciel qui ne cesse de fondre en eau, il faut être ou sorcier ou optimiste. Expliquons-nous : il faut être sorcier pour deviner le temps ou optimiste pour s’en moquer. Que le général Anthoine soit sorcier, voilà ce que je ne voudrais avancer ; mais qu’il soit optimiste, cela je l’affirme. Hier soir, il pleuvait à vous transpercer trois caoutchoucs superposés, voire goudronnés. Le général Anthoine n’en eut pas le cœur mouillé, il dit : « On attaquera demain à 5 h. 20. »

La vue est libre, la haine aussi…

La bataille se passait sur un champ de plain-pied. Comme nous la vîmes hier, ainsi doivent toujours l’imaginer les enfants. Rien ne séparait les adversaires. Plus de crêtes, plus de monts, plus de ravins, les cotes éminentes de ces tristes plaines s’appellent la cote 4, la cote 6 ; plus que le spleen qui s’étend sur toutes ces terres humides, c’était plat. Nous étions sur l’Yperlé à Steenstraete. Entre les Français et les Boches pas un observatoire, pas une cheminée. De l’un à l’autre la vue était libre et la haine aussi. En face de nous, en bordure de la forêt d’Houthulst, les pièces allemandes tiraient leurs éclairs, trouaient le proche horizon. Derrière nous, c’étaient les pièces françaises. Le bruit de nos départs mangeait le bruit de leurs arrivées. Sous le vacarme le sifflement des nôtres, on voyait, sans les entendre, éclater les marmites. Face à face, visage découvert, les artilleries se battaient. Nous étions à Steenstraete. Nous y étions sans y être, car Steenstraete n’est plus.
De la cour de la ferme du Rossignol (comme s’il était possible qu’un rossignol eût jamais chanté par ici), de la cour donc de cette ferme nous regardions le vaste champ où montait autrefois le houblon et où s’élevaient à cette heure des geysers de boue et de fumée. Ici comme à Verdun de glorieuses vedettes sanglantes nous entouraient. Il n’est pas un coin du grand pays barbare des tranchées où, quand vous vous faites décrire l’horizon, vous n’en voyiez surgir quelques-unes. De Steenstraete, c’est au nord, tout près, à quinze cents mètres, la Maison du Passeur où tant de Joyeux passèrent en effet et repassèrent, c’est au fond la forêt d’Houthulst, dont les profondeurs cachent depuis trois ans un des principaux chantiers de mort de l’ennemi, c’est Bixschoote, et c’est au milieu le ruisseau encore obscur et qui demain, à 5 heures 20, sera glorieux, le ruisseau Saint-Jean que bordent les nôtres et qu’à la grenade ils traverseront.
Leur attaque se fera sur 2 kilomètres ; le premier bond doit les porter entre la ferme de la Victoire et la ferme d’Annibal. Si vous avez une carte, ne vous crevez pas les yeux, vous ne découvrirez pas ces noms. Leurs parrains ne sont pas des officiers d’état-major, ce sont les poilus…

On attaque à 5 heures 30 !

Il pleut. Il pleut de façon écœurante. L’artillerie continue bien son massacre, mais c’est au travers des nuages et l’on ne peut pas dire que ce soit la meilleure méthode pour démolir ses objectifs.
Enfin, quand on n’est pas sorcier, il faut être optimiste. Que le ciel le veuille ou non, on attaquera à 5 h. 20. Dans ce pays lugubre, toute la nuit les feux des canons vont former la voûte.
3 heures du matin, la pluie cesse. Le canon redouble. L’artilleur de l’armée française des Flandres ne vend pas sa mort au compte-gouttes ! 5 h. 20, c’est décidé depuis la veille. L’infanterie française se lève sur le ruisseau Saint-Jean.
Le terrain n’est qu’un marécage, les trous d’obus sont autant de baignoires et ils n’avancent que de trous d’obus en trous d’obus. Lutte contre les hommes, lutte contre la boue. Magnifiques ! et si ce mot pouvait être réservé, c’est aux fantassins, seuls, qu’il devrait aller. Ils vainquirent les hommes et la boue.

L’attaque, ce fut la victoire

À 7 h. 25, ils atteignaient leur premier but, repartaient ; à 11 heures, ils avaient tout enlevé : les blockhaus bétonnés, les fermes Lannes, d’Islande, Houard, Catinat, Lassalle, les ruines de Veldhœck et les ruines de Mangelaere.
Ils avaient avancé de 1 800 mètres, ramené 300 Boches, 2 canons, 3 mitrailleuses.
Veinards pour une fois, ils étaient tombés en pleine relève boche, ils chassèrent les arrivants, et la relève, c’est eux qui la firent.
Le Petit Journal, 10 octobre 1917.


Aux Editions de la Bibliothèque malgache, la collection Bibliothèque 1914-1918, qui accueillera le moment venu les articles d'Albert Londres sur la Grande Guerre, rassemble des textes de cette période. 21 titres sont parus, dont voici les couvertures des plus récents:

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