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jeudi 5 novembre 2015

Racine lauréat du Médicis, avec Nathalie Azoulai

Chaque année, il y a des éditeurs heureux pendant la grande semaine des prix littéraires. Des malheureux aussi, mais on ne va pas en parler, je préfère rester à la joie de voir Nathalie Azoulai recevoir le Prix Médicis avec un superbe roman, Titus n'aimait pas Bérénice, et associer à cette joie un éditeur de qualité, P.O.L., qui depuis 2011 est salué une année sur deux par le Médicis. Pour la troisième fois, donc.
La langue glisse entre le passé - Racine et sa tragédie Bérénice - et le présent - la tragédie que vit la Bérénice d'aujourd'hui, quittée par Titus. La langue creuse le réel et sa chimie mystérieuse crée des effets de lumière qui nous expliquent, par le détour de la poésie, ce que nous vivons. Ou, au moins, ce que vit Bérénice. Voyez comment Nathalie Azoulai nous montre Racine au travail:
Pendant plus de vingt jours, il ne remet pas les pieds au cabaret. Ses amis le cherchent, le sollicitent, mais, à tous, il répond qu’il travaille. Ils épinglent son penchant pour la pénitence. Jean n’essaie pas de les démentir mais, en réalité, ce qu’il veut, c’est quitter Paris la tête haute. Il se fixe des cadences, s’oblige à former au moins vingt vers par jour. Au bout de huit, il en voit le bout mais revient en arrière, perce des forages autour d’un seul mot, corrige sans relâche. C’est tout le contraire d’une pénitence, se dit-il, ça me grise autant que le vin. Jadis, lorsqu’il écrivait, son sang coulait avec lenteur dans ses veines, désormais il est fluide, rapide, fouetté. Ou peut-être n’avait-il tout simplement pas encore bien identifié la sensation de plaisir, celle qui soulève le cœur, redescend, enflamme le bas des reins, au passage du nerf sympathique.
Cette eau-là, qui s'appelle littérature, n'est pourtant pas pure. Au contraire, elle draine des matières diverses qui lui donnent une couleur, une saveur sans pareille.
Titus n'aimait pas Bérénice est un beau, un très beau roman. Un plaisir de prix littéraire.
Le jury Médicis a aussi donné son prix du roman étranger à Hakan Günday, pour Encore (Galaade), que je n'ai pas lu. Mais qui, pour le peu que j'en sais, devrait éveiller des échos avec Sauve qui peut la vie (Seuil) le livre de la lauréate du Médicis Essai, Nicole Lapierre. Je conseille à ses lecteurs, pour entendre sur un sujet d'actualité un discours bien moins convenu que celui dont on leur rebat les oreilles, de se précipiter sur le chapitre "L'héroïsme des immigrés".

jeudi 21 mai 2009

Avec vue sur la rentrée littéraire (7) - Galaade Editions

S'il y a un reproche que l'on peut souvent faire aux présentations de la rentrée littéraire, c'est que les mêmes éditeurs y sont souvent mis en évidence. Vous savez bien, ceux qui publient des auteurs à succès ou candidats aux prix littéraires - ce sont d'ailleurs souvent les mêmes.
Je ne veux pas encourir ce reproche. Aujourd'hui, donc, la rentrée de Galaade Editions.

Marie Casanova, Et l'odeur des narcisses (20 août)

« La vie de Thérèse avec ses bonheurs attrapés au vol, avec ses secousses, ses accalmies, ses mensonges, ses manigances, ses intrigues, ses délires. La vie de Thérèse avec ses bouffées de volupté, ses perfidies, ses brillances, ses noirceurs, un vrai souk, une brocante sa vie, la beauté et la laideur intriquées, embrouillées. Les remords enfouis, les espérances, les désespérances, l’alchimie des souvenirs qui voile et dévoile, qui décante et diffuse le passé. » – Marie Casanova

Dans l’obscurité d’une soirée, Thérèse la mystérieuse dévoile son histoire à ses compagnons d’infortune. Et c’est l’enfance à Cayenne, où elle découvre l’amour et la fascination pour la mort au cours d’exécutions publiques, le retour à Nice, d’où il faut partir. Et c’est l’étrange maladie qui torture Thérèse depuis l’enfance, mais aussi son grand amour, son mariage, la naissance de Juliette. La jolie Juliette…
Entre rêve et réalité, le meilleur et le pire, Thérèse n’a pas fini de débrouiller les fils de sa vie, ses parfums et ses couleurs, des larmes aux plus grands émerveillements.

Marie Casanova écrit depuis longtemps pour la chanson française. Elle est aussi l’auteur de nouvelles radiophoniques. Et l’odeur des narcisses est son premier roman.

Abdulrazak Gurnah, Adieu Zanzibar (20 août)

Kenya, 1899. Il est apparu à l’aube comme une figure de légende avant de s’effondrer aux pieds d’Hassanali. Martin Pearce, écrivain britannique, a été battu, volé et abandonné par ses guides dans le désert. Recueilli par son sauveur, il tombe amoureux fou de Rehana, la sœur de son hôte. Une relation interdite et scandaleuse commence, dont les conséquences se répercuteront sur les générations suivantes.
Zanzibar, années 1950. Amin, Rashid et leur sœur Farida sont chacun en proie aux difficultés du secret. Farida vit un amour caché que ses parents désapprouveraient. Amin s’éprend d’une femme plus âgée, Jamila, la propre petite-fille de Rehana et de Pearce, enfant de la honte et objet de mille rumeurs. Quant à Rashid, le narrateur, il part étudier à Londres dans un univers glacial et raciste, alors que Zanzibar, au lendemain de l’indépendance, bascule dans la violence et le chaos.
Londres, années 1960. Les parents de Rashid sont morts et les secrets ont été déliés. Dans un contexte social et racial apaisé, Rashid, devenu enseignant, rencontre par hasard la blanche Barbara, une lointaine cousine de Jamila…
De la fable poétique au témoignage désenchanté, Abdulrazak Gurnah raconte les amours et les illusions de Martin et de Rehana, d’Amin et de Jamila, de Rashid et de Barbara. Noirs ou Blancs, Indiens ou Arabes tissent, de Zanzibar à Londres, autant d’histoires d’ombre et de lumière.

Né en 1948, Abdulrazak Gurnah est l'auteur de six romans. Il enseigne la littérature à l'université de Kent.

Irvin Yalom, Le jardin d'Epicure. Regarder le soleil en face (10 septembre)

« Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement. »
– La Rochefoucauld

Quand Amelia, la trentaine passée, SDF accro à l’héroïne et prostituée, qui a choisi de changer d’identité pour entamer une nouvelle vie, rencontre le Dr Yalom, qu’arrive-t-il ?
Alliant une fois encore l’art du conteur à celui du médecin, Irvin Yalom, entre fiction et thérapie, offre un texte d’une grande générosité et d’une rare ferveur, fruit de l’œuvre de toute une vie passée à explorer l’existence humaine.

Irvin Yalom est né à Washington en 1931 de parents russes. Docteur en médecine depuis 1956 et professeur émérite de psychiatrie à Stanford depuis 1994, il a mené de front une double carrière de psychiatre et d’animateur de thérapies de groupe.