Affichage des articles dont le libellé est John Grisham. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est John Grisham. Afficher tous les articles

dimanche 12 mai 2019

John Grisham sans arguties juridiques

Le titre original du roman de John Grisham, Camino Island, évoque un lieu en Floride et non, comme en français – Le cas Fitzgerald –, un écrivain. Si Grisham met en scène un libraire et une écrivaine dans les rôles principaux, s’il parvient à faire lire un voyou qui se découvre une passion pour Fitzgerald, l’œuvre de celui-ci est moins présente que ses manuscrits, et eux-mêmes moins pour leur intérêt littéraire que pour leur inestimable valeur s’ils faisaient l’objet d’une transaction commerciale.
Le casse est plus original que celui d’une banque : la bibliothèque de l’université de Princeton, où la plupart des manuscrits de Fitzgerald sont conservés, tient pourtant elle aussi de la chambre forte. Et il faut, à la bande des cinq associés qui décident de s’emparer du trésor, faire preuve d’inventivité et de rigueur pour y parvenir. Le but est moins de mettre les précieux documents en vente – c’est presque impossible – que de faire casquer les assurances. 25 millions de dollars sont en jeu.
Le FBI, capable d’exploiter une petite tache de sang abandonnée par imprudence, trouve rapidement la plupart des membres de la bande et les arrête. Mettre la main sur les manuscrits se révèle beaucoup plus ardu et, sans l’objet du délit, il est peu probable que les accusés seront jugés coupables.
Voici donc, croit-on, John Grisham reparti dans le sillon qu’il laboure à longueur de romans, l’énigme juridique avec arguties sans fin et détails de procédure à épuiser les moins courageux de ses lecteurs.
Pas du tout : il envisage cette fois un récit sous l’angle très différent d’une enquête menée, d’abord sans enthousiasme, puis avec énergie et des sentiments de plus en plus mélangés, par une romancière en panne d’inspiration. Elle a bien connu l’île Camino dans son enfance, elle voudrait enfin se mettre au livre que son éditeur attend depuis trois ans, elle est l’arme fatale qu’une compagnie d’assurances cherche à utiliser contre un libraire séduisant et séducteur aux pratiques franchissant parfois, semble-t-il, les limites de la légalité. Un possible candidat, car il en existe malgré tout, à l’achat des manuscrits de Fitzgerald.
Le monde du livre et des écrivains, dans ce qu’il a de fascinant et de pervers, constitue un environnement riche de possibilités pour une intrigue serrée.

dimanche 22 juillet 2018

John Grisham inspire des scénarios, on le savait déjà

Le cinéma est très demandeur de romans à adapter - il en est probablement autant qui finissent en films que de films tirés de scénarios originaux. Et certains auteurs, mieux que d'autres, se prêtent aisément au passage à l'écran. John Grisham est l'un d'eux, avec une dizaine de romans devenus des longs métrages - à commencer par La Firme, sans doute son plus grand succès en salles (si j'ose le dire ainsi). Dans la foulée de précédents mariages entre le stylo (?) et la caméra, son dernier ouvrage, Le cas Fitzgerald (traduit par Dominique Defert), va recevoir à Deauville, au Festival du Cinéma Américain, le Prix Lucien-Barrière. Ce n'est pas vraiment une surprise, même si on aurait aimé saluer l'avènement d'un espoir dans le genre au lieu de confirmer ce qu'on savait déjà.

Le titre original du dernier roman de John Grisham, Camino Island, évoque un lieu en Floride et non, comme en français – Le cas Fitzgerald –, un écrivain. Si Grisham met en scène un libraire et une écrivaine dans les rôles principaux, s’il parvient à faire lire un voyou qui se découvre une passion pour Fitzgerald, l’œuvre de celui-ci est moins présente que ses manuscrits, et eux-mêmes moins pour leur intérêt littéraire que pour leur inestimable valeur s’ils faisaient l’objet d’une transaction commerciale.
Le casse est plus original que celui d’une banque : la bibliothèque de l’université de Princeton, où la plupart des manuscrits de Fitzgerald sont conservés, tient pourtant elle aussi de la chambre forte. Et il faut, à la bande des cinq associés qui décident de s’emparer du trésor, faire preuve d’inventivité et de rigueur pour y parvenir. Le but est moins de mettre les précieux documents en vente – c’est presque impossible – que de faire casquer les assurances. 25 millions de dollars sont en jeu.
Le FBI, capable d’exploiter une petite tache de sang abandonnée par imprudence, trouve rapidement la plupart des membres de la bande et les arrête. Mettre la main sur les manuscrits se révèle beaucoup plus ardu et, sans l’objet du délit, il est peu probable que les accusés seront jugés coupables.
Voici donc, croit-on, John Grisham reparti dans le sillon qu’il laboure à longueur de romans, l’énigme juridique avec arguties sans fin et détails de procédure à épuiser les moins courageux de ses lecteurs.
Pas du tout : il envisage cette fois un récit sous l’angle très différent d’une enquête menée, d’abord sans enthousiasme, puis avec énergie et des sentiments de plus en plus mélangés, par une romancière en panne d’inspiration. Elle a bien connu l’île Camino dans son enfance, elle voudrait enfin se mettre au livre que son éditeur attend depuis trois ans, elle est l’arme fatale qu’une compagnie d’assurances cherche à utiliser contre un libraire séduisant et séducteur aux pratiques franchissant parfois, semble-t-il, les limites de la légalité. Un possible candidat, car il en existe malgré tout, à l’achat des manuscrits de Fitzgerald.
Le monde du livre et des écrivains, dans ce qu’il a de fascinant et de pervers, constitue un environnement riche de possibilités pour une intrigue serrée.

mardi 16 avril 2013

John Grisham, les petits avocats contre les gros


John Grisham conduit parfois au bout de l’ennui. Sa connaissance des dossiers juridiques impressionne, mais nous n’éprouvons pas à chaque fois le besoin d’en lire tous les paragraphes, comme l’auteur nous y contraint. Pourtant, on le suit jusque dans les détails de procédure les plus complexes. Signe de son talent, ou au moins de son savoir-faire – les avis sont partagés, jusque chez le même lecteur qui balance parfois entre les deux. Mais quand, dans Les partenaires, il fait passer l’humain avant tout le reste, les dernières réticences tombent.
Ce jour-là, David Zinc pète les plombs. Il ne se sent plus capable de rester ne serait-ce qu’une minute dans les bureaux du grand cabinet d’avocats où il travaille. Un travail profondément ennuyeux et bien payé. Tant pis pour le salaire, il s’enfuit et atterrit dans un bar où il entreprend d’avaler un copieux petit déjeuner à base de Bloody Mary, cessant rapidement de compter les verres, poursuivant avec d’autres boissons aussi traîtresses et échouant, en fin de journée, presque par hasard, dans un minuscule cabinet que font tourner, tant bien que mal, deux avocats.
L’endroit est aussi minable que Wally et Oscar. Mais, grâce à son ivresse, David soutient ceux-ci dans leur combat pour accrocher comme clients les victimes d’un accident de la route et il est aussitôt adopté par le duo. Pas de quoi espérer faire fortune, à moins de tomber sur une très grosse affaire. C’est peut-être le cas : un médicament semble avoir provoqué la mort de plusieurs patients. Monter le dossier, recruter des experts, attaquer une entreprise disposant d’une armée d’avocats et de fonds quasi illimités : l’entreprise est si foireuse qu’elle prête à rire. Et on rit de bon cœur des déboires de ces partenaires aux moyens limités…
John Grisham est excellent dans son utilisation de l’ironie douce, et meilleur encore dès qu’il s’agit de tirer son roman vers des épisodes plus glorieux, où David devient brillant en même temps qu’attentif aux autres. Une belle réussite.


lundi 8 avril 2013

Succès annoncés, livres attendus

C'est reparti pour de nouvelles lectures annoncées. Plus ou moins attendues, selon le type de lecteur/lectrice que vous êtes, et plus ou moins bien mises en valeur par les éditeurs qui les promeuvent - dont je reprends donc ici les arguments.

Têtes de gondole

Jo Nesbø, Fantôme

Trois ans après avoir démissionné de la police norvégienne et s’être exilé à Hong Kong, Harry Hole revient à Oslo. Mais, cette fois-ci, l'affaire s’annonce plus difficile que prévue, intime et douloureuse: Oleg, le fils de Rakel, le grand amour de Harry, a été arrêté pour le meurtre d’un dealer avec lequel il s’était acoquiné. Tout semble accabler le jeune homme. Ne manque plus que le mobile. Très vite, Harry découvre que la victime et Oleg officiaient pour un mystérieux groupe de dealers, dirigé par quelqu’un dont on ne sait pour ainsi dire rien, hormis son nom : Dubaï. L’apparition de Dubaï à Oslo a coïncidé avec celle d’une nouvelle drogue dans les bas-fonds de la ville, la fioline, une substance créant une dépendance très forte mais qui n’est pas aussi destructrice que d’autres stupéfiants comme l’héroïne. 
Alors que la corruption semble gangréner les différents échelons du pouvoir politique et de la police locale, Harry met, sans le savoir, les pieds dans une fourmilière criminelle et va très vite devenir la proie des différents malfrats qui oeuvrent dans l’ombre pour le maintien d’un statu quo… 
Avec ce neuvième volet des enquêtes de Harry Hole, Nesbø est au sommet de son art et s’affirme comme le grand maître du thriller international.

John Grisham, Le manipulateur

«Par nature la loi crée du drame. Grisham, une fois encore, nous entraîne au coeur des faux-semblants du pouvoir et de la justice. Réjouissant.» Los Angeles Times
Raymond Fawcett, juge fédéral en Virginie, et sa secrétaire sont retrouvés assassinés dans la maison de campagne du juge. Il n'y a pas de trace de lutte, pas d'empreintes, pas un seul témoin. Rien, à l'exception d'un coffre-fort hautement performant... mais vide. Le juge n'était pas riche, alors que cachait-il dans un tel coffre? Au bout de quelques mois, l'enquête n'a pas progressé d'un pouce. Le FBI est sur les dents. Et c'est là qu'intervient Malcolm Bannister.
Âgé de 42 ans, noir, avocat de profession, Malcolm a été pris dans une affaire bâclée par le FBI et la justice. Condamné à dix ans d'emprisonnement pour un crime qu'il n'a pas commis, il doit encore passer cinq années derrière les barreaux. Mais il lui reste une carte à jouer pour changer son destin. Une carte qui requiert de l'audace, du sang-froid et deux complices aux nerfs d'acier.
En prison, Malcolm a plus d'une fois servi d'avocat pénaliste à ses codétenus. Il a ainsi appris toutes les ficelles de la justice fédérale, notamment l'existence de l'article 35. Selon cette disposition légale, un détenu qui apporte des éléments permettant l'arrestation d'un criminel peut être libéré sans condition. Or Malcolm sait qui a tué le juge Fawcett, et pourquoi.
Ce que le FBI ignore, c'est que Malcolm est un justicier, et qu'il veut se venger des incompétents qui lui ont volé cinq années de sa vie. Jouant au chat et à la souris avec les agents fédéraux, il concocte une arnaque virtuose...
Auteur de renommée internationale, John Grisham a écrit plus de vingt-cinq romans, en majorité publiés par la collection «Best-Sellers» des Éditions Robert Laffont, dont les plus récents sont Chroniques de Ford County (2010), La Confession (2011) et Les Partenaires (2012).
Son site Internet : www.jgrisham.com

Et aussi...

Alice Munro, Trop de bonheur

Une femme est appelée au chevet de son amie d’enfance: elle se souvient de l’été qui a bouleversé leur existence. Une mère en deuil décide de changer d’identité et de tout reprendre à zéro. Une étudiante accepte les propositions indécentes d’un vieillard… Dans ce recueil, les personnages courent après le bonheur et tentent de surmonter un deuil, une crise conjugale ou une humiliation douloureuse. L’histoire qui clôt le livre évoque Sofia Kovaleskaïa, mathématicienne russe qui vécut à la fin du XIXe siècle et qui fut l’une des premières femmes à enseigner dans une université européenne. Mais les faits bruts, ceux qui nourrissent les biographies, ne constituent pour Alice Munro qu’un arrière-plan: elle passe la vie exemplaire de Kovaleskaïa, et celles de tous les protagonistes de Trop de bonheur, au filtre de l’intime, de la sensibilité, pour mettre en évidence les lignes de force invisibles qui guident chaque destin.
Alice Munro est née en 1931 au Canada. Elle est l’auteur d’une douzaine de recueils de nouvelles et d’un roman, traduits dans le monde entier. Lauréate de nombreux prix, dont le Man Booker International Prize, elle est considérée comme l’un des écrivains anglo-saxons les plus marquants de notre époque.

Bernard Quiriny, Monsieur Spleen

Poète, romancier, critique, Henri de Régnier (1864-1936) fut une sommité dans la littérature de son époque. Successivement chef de file des jeunes symbolistes, romancier à succès, pilier du Mercure de France, conteur fantastique et académicien français, il fut adoubé par Mallarmé, admiré par André Gide, haï par Montesquiou qu’il combattit en duel, et fréquenta tous les artistes de son temps. Il fut aussi l’époux cocu de Marie de Heredia, la fille du poète, qui lui donna un fils signé Pierre Louÿs… C’était aussi un être spleenétique et distingué, un mondain ironique, un mélancolique incurable et un homme infiniment sensible aux signes du passé et au passage du temps.
Ce livre tient du portrait libre, de l’hommage gratuit, et même on pourrait y déceler ici une sorte d’autoportrait fictif de Bernard Quiriny (une sorte de double, dont il s’amuse).
Né en 1978, Bernard Quiriny est l’auteur de L’Angoisse de la première phrase et de Contes carnivores, deux recueils de nouvelles fantastiques couronnés par de nombreux prix, notamment le prix de la Vocation, le prix Victor-Rossel et le prix du Style; et dernièrement d’Une collection très particulière. Il a également publié un roman, Les Assoiffées.